Former un gouvernement, la priorité absolue des francophones

04/10/10 à 18:01 - Mise à jour à 18:01

Source: Le Vif

Pour le PS, le cdH et Ecolo, la formation d'un gouvernement fédéral reste la priorité absolue. Les partis disent rester ouverts à la discussion "afin de maintenir la stabilité du pays et d'offrir une perspective durable tant aux entités fédérées qu'au niveau fédéral".

Former un gouvernement, la priorité absolue des francophones

© Belga

Dans un communiqué publié lundi après-midi, les trois partis regrettent la rupture unilatérale des négociations par la N-VA. Il s'agit pour eux d'une "décision irresponsable et dommageable pour tous les citoyens". Et d'insister sur le fait qu'il est "irresponsable de laisser passer une opportunité inédite de transformer en profondeur la Belgique et d'accorder plus d'autonomie aux trois Régions du pays tout en assurant la prospérité et en maintenant au niveau fédéral en particulier les socles fondamentaux de la solidarité interpersonnelle".

Les trois partis rappellent que la N-VA a accepté à deux reprises, le 24 août et le 21 septembre, les 12 principes pour la révision de la loi de financement. "Elle en donne maintenant sa propre interprétation et exige comme préalable qu'un seul et unique des 12 principes à savoir l'augmentation significative de l'autonomie financière des entités fédérées soit mis en oeuvre", soulignent PS, cdH et Ecolo.

"Tout responsable francophone qui soutient un tel scénario accepte l'appauvrissement structurel des populations de Wallonie et de Bruxelles", ajoutent-ils.

Pour eux, l'exigence de la NV-A ne tient en effet pas compte des 11 autres principes, dont notamment le maintien des prérogatives fiscales nécessaires à la viabilité à long terme de l'Etat fédéral, l'absence de concurrence fiscale déloyale ou le non appauvrissement d'une entité fédérée.

PS, cdH et Ecolo se demandent si la N-VA a la volonté ou si elle est capable d'accepter une réforme de l'Etat équilibré.

"Tous les partis autour de la table sauf la N-VA ont démontré dans le passé et durant les dernières semaines, leur capacité à conclure des compromis pour réformer l'Etat, c'est-à-dire avoir le courage de faire des concessions mutuelles", notent-ils. Ils soulignent aussi que "contrairement à ce que certains affirment, le volume des matières transférables ainsi que les moyens concernés permettent un déplacement du centre de gravité vers les Régions".

"La N-VA veut-elle cacher la vérité? Aurait-elle peur que l'on démontre que ses exigences étrangleraient financièrement l'Etat fédéral et remettraient fondamentalement en cause la sécurité sociale? Aurait-elle peur qu'il soit constaté que ses idées vont appauvrir considérablement les Wallons et les Bruxellois?", s'interrogent les trois partis.

Ils affirment encore qu'ils continueront à exiger, dans le cadre de toute discussion future, une vérification des conséquences financières pour la Wallonie, pour Bruxelles, pour la Flandre et pour le niveau fédéral de chaque modèle de financement proposé. Afin d'être le plus transparent possible et de permettre aux citoyens de juger par eux-mêmes, les conséquences des propositions de chaque parti devront être calculées par le Bureau du Plan et la Banque Nationale.

Le PS, le cdH et Ecolo soulignent qu'ils ont été constructifs dans les négociations et ajoutent qu'ils continueront à l'être. "Au-delà de leurs différences respectives, les 3 partis resteront solidaires, unis et fermes dans l'intérêt supérieur du pays en général et des Wallons et des Bruxellois en particulier", concluent les trois partis.

FDF : la logique suivie n'a fait qu'aiguiser l'appétit de la N-VA

La méthode de négociation choisie jusqu'à présent a conduit à l'impasse. Elle n'a fait qu'aiguiser toujours plus l'appétit de la N-VA, a affirmé lundi soir le président du FDF, Olivier Maingain.

"Les circonstances sont trop graves pour considérer qu'il y a un jeu partisan à livrer. La méthode choisie a conduit à l'impasse. On a même le sentiment que le fossé s'est davantage creusé", a commenté le président des FDF.

Pour Olivier Maingain, le citoyen a à présent le droit démocratique à "un temps d'explication sur les contreparties" qui avaient été demandées à la N-VA. "Il faudra d'abord voir jusqu'où les francophones étaient entrés dans le jeu de la Nieuw-Vlaamse Alliantie", a-t-il ajouté.

"La logique suivie jusqu'à présent et l'absence de front francophone n'a fait qu'aiguiser l'appétit de la N-VA", a enfin dit le président des FDF, demandant une nouvelle fois "une concertation entre les partis francophones".

Le Vif.be, avec Belga

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