Formation fédérale: le cdH, otage du PS, constate Deprez

22/06/14 à 16:26 - Mise à jour à 16:26

Source: Le Vif

Le PS, qui a multiplié les interviews ces derniers jours, a pris en otage le cdH pour l'empêcher de participer à une coalition de centre-droit avec le MR, le CD&V et la N-VA, constate le député européen Gérard Deprez (MR).

Formation fédérale: le cdH, otage du PS, constate Deprez

© Belga

"Le PS a pris le cdH en otage pour bloquer la constitution d'un gouvernement avec N-VA, MR et CD&V", a-t-il déclaré sur le plateau de la RTBF. L'ancien président du PSC était en verve pour qualifier les deux présidents du PS, Elio Di Rupo et Paul Magnette, comparés au duo comique des Frères Taloche. "Vous avez d'un côté un monsieur d'un certain âge, très élégant, un peu dandy, papillon ; de l'autre, un bobo, chic un peu négligé, manifestement jeune loup, et qui ont le même message. De l'intox et un côté un peu fourbe."

Dans leurs nombreux entretiens, les deux socialistes ont adressé une mise en garde contre le "gouvernement des droites", dénoncé leur mise à l'écart des travaux de l'informateur royal Bart De Wever et fait remarquer que la coalition tripartite sortante avait progressé en sièges lors des élections du 25 mai.

Le dernier argument vise à cacher le recul des socialistes, estime M. Deprez qui s'étonne aussi de la façon dont le PS invoque une connivence entre le MR et la N-VA alors que M. Magnette ne met aucune exclusive à l'égard de la N-VA. "Nous n'avons jamais posé une exclusive absolue. En Belgique, cela complique terriblement le jeu. Mais oui, on veut tout faire pour éviter la N-VA", a déclaré le président des socialistes au Soir. "Le PS se réserve le droit, si nécessaire, d'aller au gouvernement avec la N-VA alors qu'il le refuse aux autres", analyse le député MR.

Mercredi, M. De Wever fera à nouveau rapport au roi. Des négociations en vue de former un gouvernement de centre-droit s'ouvriront-elles ensuite? "Je ne suis pas terriblement optimiste parce que lecdH a été pris en otage par le PS et je pense qu'il ne pourra pas dire oui".

Du côté flamand, le vice-premier ministre Open Vld, Alexander De Croo, a rappelé à Elio Di Rupo qu'il était également Premier ministre d'un gouvernement fédéral en affaires courantes. "Je trouve cela imprudent qu'un Premier ministre en affaires courantes aille s'aventurer sur ce terrain. Dans un gouvernement en affaires courantes, on a quand même la responsabilité de faire en sorte que rien ne tourne mal et je trouve qu'un ministre en affaires courantes, certainement un Premier ministre, ne doit pas s'exprimer de manière aussi forte", a-t-il expliqué sur le plateau de VTM évoquant les propos de M. Di Rupo sur l'hypothèse d'un gouvernement de centre-droit.

M. De Croo s'interroge aussi sur les efforts qui sont déployés pour convaincre le cdH d'entrer dans des négociations. "Ce parti est autant de centre-droit que Vladimir Poutine sera un supporter des Diables rouges ce soir", a-t-il lancé.

L'Open Vld est exclu des négociations en Flandre et ne semble pas retenu à ce jour par l'informateur Bart De Wever pour participer à une majorité fédérale.

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