Fonctionnaire : "On est payé d'ingratitude"

13/04/16 à 15:01 - Mise à jour à 15:01

Source: Belga

Les trois syndicats de fonctionnaires ont mené une action mercredi matin devant le cabinet du ministre des Pensions Daniel Bacquelaine pour protester contre les mesures annoncées en matière de pensions par le gouvernement fédéral dans le cadre du contrôle budgétaire. Quelque 200 représentants des syndicats socialiste, chrétien et libéral y ont pris part et une délégation a été reçue par le ministre.

Fonctionnaire :  "On est payé d'ingratitude"

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La bonification pour diplôme sera ainsi harmonisée, de même que les tantièmes, ce système qui fait qu'encore aujourd'hui une année de travail compte plus lorsqu'il s'agit d'un fonctionnaire que lorsqu'il s'agit d'un employé. Les fonctionnaires ne pourront plus non plus accumuler les jours de maladie non-pris et la pension automatique pour maladie sera également supprimée.

"On est payé d'ingratitude", déclare Chris Reniers de l'ACOD. "Moins d'un mois après les attentats terroristes et alors que les différents ministres ont loué 'l'excellent travail' des policiers et des pompiers, les services publics se voient remerciés d'une drôle de façon. Travailler plus longtemps pour une pension moindre". Chris Reniers demande de la clarté pour les fonctionnaires.

"La commission nationale des pensions doit se réunir, avec à l'ordre du jour les métiers lourds. Pas question pour nous de voir la suppression, par exemple, de tantièmes préférentiels. Nous sommes là pour tirer un coup de semonce avant que toute mesure soit prise", a expliqué Alphonse Vanderhaeghe, vice-président de la CSC Services publics. "Nous connaissons le système de ce gouvernement: aller toujours de l'avant, et surtout, ne pas tenir compte de ce que la rue et les travailleurs veulent", a-t-il ajouté.

Les syndicats n'ont pas souhaité donner d'informations sur d'éventuelles prochaines actions mais assurent qu'il y en aura si leur "demande d'avoir une véritable négociation en matière de pensions" n'est pas entendue.

Autre son de cloche du côté du ministre: "Aujourd'hui, nous avons confirmé un certain nombre de réformes qui sont reprises dans l'accord de gouvernement. Par contre, nous avons réaffirmé notre volonté de réaliser et d'appliquer ces réformes dans le cadre de la concertation sociale donc nous sommes évidemment ouverts à celle-ci. Je suis par exemple opposé à la suppression de la bonification pour diplôme, je veux la conserver mais l'harmoniser et la rendre plus équitable entre les différents régimes de pensions. Toutes les mesures de transition doivent évidemment être négociées avec les partenaires concernés", s'est défendu le ministre Bacquelaine avant la réunion prévue avec la délégation syndicale dans ses bureaux.

"On va vers davantage d'harmonisation. De temps en temps c'est plutôt le système du service public qui va primer, de temps en temps c'est celui du privé mais on va vers une certaine équité entre les travailleurs. Actuellement, il y a énormément de mesures injustes dans notre système de pensions", a noté Daniel Bacquelaine.

"Le système de fonctionnement du secteur privé n'est pas spécialement mauvais et mais nous ne sommes pas dans ce cadre-là. Nous sommes dans un cadre de statut des fonctionnaires et nous avons à faire respecter ce statut", a pour sa part commenté Alphonse Vanderhaeghe.

Par ailleurs, une délégation syndicale du secteur enseignement a remis plus de 17.000 cartes postales signées par autant d'enseignants mécontents des mesure annoncées.

Outre la fin de la bonification automatique de leurs années d'études dans le calcul de leur pension, les enseignants dénoncent aussi la menace qui pèse sur leurs tantièmes préférentiels, un coefficient de revalorisation qui tient compte de la pénibilité de leur métier.

"Tout cela pourrait se traduire par une perte sur le montant de la retraite (des enseignants) de plus de dix pour cent", a souligné Eugène Ernst, de la CSC-Enseignement.

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