Flamands et francophones approuvent un accord de coopération culturelle "historique"

07/12/12 à 16:41 - Mise à jour à 16:41

Source: Le Vif

Les gouvernements flamand et de la Fédération Wallonie-Bruxelles ont approuvé vendredi à Namur, lors d'une réunion conjointe, un accord de coopération culturelle entre les deux Communautés.

Flamands et francophones approuvent un accord de coopération culturelle "historique"

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Les différents ministres ont insisté sur le "moment historique" que constituait cette réunion. "Cela fait des dizaines d'années que les acteurs culturels rêvent d'avoir un tel accord", a souligné la ministre francophone de la Culture, Fadila Laanan. "Dans la pratique, il y a déjà beaucoup de collaborations, en particulier à Bruxelles, mais cela n'a jamais été finalisé", a fait remarquer pour sa part son homologue flamande, Joke Schauvliege.

L'accord approuvé vendredi est un accord-cadre qui pourra ensuite être complété par des propositions concrètes de mise en oeuvre. Le texte prévoit d'accentuer les échanges d'informations et d'expériences entre les deux Communautés, de mettre en place une commission mixte qui sera chargée de l'application de l'accord, renforcer les échanges administratifs et d'améliorer la collaboration entre les parties dans leur position à l'égard du pouvoir fédéral et de la sphère internationale.

L'accord repose sur l'idée d'un échange entre les Communautés française et flamande. La pomme de discorde qui a longtemps paralysé les discussions, à savoir la possibilité pour l'entité francophone de financer des activités culturelles dans la périphérie bruxelloise, a été mise sur le côté. "Nous sommes dans une relation à la culture qui va au-delà de ces polémiques", a affirmé le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Rudy Demotte."Nous allons coopérer mais nous ne touchons pas au principe de territorialité. Ce n'est absolument pas l'intention", a expliqué Mme Schauvliege.

Les FDF dénoncent l'accord conclu

Les Fédéralistes démocrates francophones (FDF) ont dénoncé vendredi l'accord de coopération culturelle conclu vendredi par les exécutifs flamand et francophone à Namur, estimant que celui-ci passe "sous silence la culture française en Flandre". Présenté comme "historique" par ses signataires, l'accord repose sur l'idée d'un échange entre les Communautés française et flamande.

La possibilité pour l'entité francophone de financer des activités culturelles dans les communes de la périphérie bruxelloise n'a toutefois pas été intégrée dans l'accord.

"Pour la 1ère fois, la Fédération Wallonie-Bruxelles, en acceptant le principe de territorialité, confirme qu'elle abandonne les citoyens francophones à leur sort. On dénature ainsi le concept de "Communauté" en le limitant à un territoire", estiment les FDF dans un communiqué.

Ceux-ci redoutent dès lors le sort qui sera réservé aux "associations culturelles francophones, aux bibliothèques, à la vie associative, en périphérie, à Fourons et dans le reste de la Flandre".

Les francophones de Flandre se sentent trahis par l'accord culturel

Le président de l'Association pour la Promotion de la Francophonie en Flandre (APFF), Edgar Fonck, a dit vendredi sa désillusion devant la conclusion de l'accord de coopération culturelle entre la Communauté française et la Communauté flamande. Selon lui, les francophones de Flandre ont été trahis. L'accord approuvé vendredi à Namur n'évoque pas les francophones de Flandre et s'en tient au principe de territorialité cher au nord du pays.

Le rapport de la déléguée du Conseil de l'Europe, Lili Nabholz, et la résolution votée ensuite, évoquait pourtant la conclusion de cet accord pour régler le problème de la minorité francophone, a rappelé M. Fonck.

"Dix ans après, il s'est passé ce que l'on craignait: il n'y a pas de soutien à la minorité francophone qui représente 300.000 personnes. Les francophones de Flandre ont été sacrifiés et c'est la culture francophone en Flandre qui risque de disparaître", a-t-il expliqué.

L'APFF entend donc poursuivre les démarches entamées devant les Nations-Unies.

"Nous n'avons plus d'autre solution que de poursuivre ce que nous avons commencé aux Nations Unies et dénoncer la non ratification de la convention-cadre sur la protection des minorités nationales", a ajouté M. Fonck.

Avec Belga

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