Fêtes de Wallonie - Magnette prêt à renforcer le droit pour prendre le contrôle du site, et à désobéir à l'UE

17/09/16 à 18:36 - Mise à jour à 18:40

Source: Belga

(Belga) Le gouvernement wallon est prêt à renforcer le droit existant pour reprendre le contrôle du site de Gosselies de Caterpillar, a prévenu samedi le ministre-président Paul Magnette, dans son discours des Fêtes de Wallonie à Namur, en ajoutant qu'il était prêt aussi à désobéir à l'Europe pour relancer les investissements.

A ses yeux, "ce que Caterpillar nous dit de l'état du monde, c'est que nous avons un besoin urgent de remettre l'homme et son développement au centre de toute chose, d'énoncer des règles, issues du débat démocratique, qui remettent le pouvoir de l'argent à sa juste place". Pour reprendre à terme le contrôle du site, "nous userons de tous les moyens de droit existant, et les renforcerons si nécessaire", a assuré M. Magnette (PS), sous-entendant la possibilité d'un décret en ce sens. Il ne croit pas que la décision du géant américain remette en cause les stratégies développées depuis près de vingt ans par le gouvernement wallon et les partenaires sociaux - depuis dix ans via le Plan Marshall. Cette décision confirme au contraire "toute la justesse et l'impérieuse nécessité" de ce programme de redéploiement économique, dans lequel l'entreprise de Gosselies ne s'était pas inscrite. A l'inverse, les entreprises impliquées dans les pôles de compétitivité du Plan Marshall ont connu, selon les évaluateurs externes, une croissance de 60% entre 2006 et 2014, bien au-delà des scénarios les plus optimistes, assure M. Magnette. Évoquant "l'union sacrée" affirmée par les gouvernements fédéral et wallon avec les syndicats de Caterpillar, le bourgmestre de Charleroi a dit vouloir croire que, "grâce à cette détermination partagée, il y aura un avant et un après Caterpillar". Dans cette optique, la Wallonie s'inscrira dans la stratégie coordonnée d'investissements publics avec le Fédéral, et préservera dans son budget des capacités d'investissement, "même si la Commission européenne ne nous en donne pas l'autorisation préalable", a prévenu Paul Magnette. "C'est dans l'intérêt même de l'Union européenne que parfois il faut oser lui désobéir", a-t-il ajouté, en réclamant l'abandon de l'austérité "gravée dans l'airain du Pacte de stabilité". (Belga)

Nos partenaires