Fête de l'Iris : l'avenir de Bruxelles passe par une gestion optimale de son territoire limité

10/05/14 à 17:09 - Mise à jour à 17:09

Source: Le Vif

Seule une gestion optimale du territoire de la Région bruxelloise corsetée à l'intérieur de ses limites alors qu'elle est confrontée à une des plus grandes explosions démographiques d'Europe permettra de répondre aux besoins de sa population et de lui assurer un avenir, a affirmé samedi le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort.

Fête de l'Iris : l'avenir de Bruxelles passe par une gestion optimale de son territoire limité

© Image Globe

S'exprimant devant les principaux chefs de file des différentes formations politiques bruxelloises, mais, cette fois, en l'absence du Premier ministre et de ses collègues ministres-présidents des autres entités fédérées, Rudi Vervoort a fait le point sur le dossier du développement de sept zones de réserves foncières régionales mis sur les rails par son gouvernement.

Il a insisté sur le fait que Bruxelles serait "un acteur majeur du fédéralisme belge de demain. Région légalement bilingue, et factuellement multilingue, elle doit être un concentré de la réussite du modèle belge".

Rudi Vervoort en a "ardemment appelé à la mise en place de la zone métropolitaine consacrée par la sixième réforme de l'Etat et qui doit devenir un lieu majeur de collaboration au profit des habitants tant des deux Brabants que de Bruxelles.

Au sujet du développement de Bruxelles dans les zones d'intérêt régional, le ministre-président a souligné les avancées engrangées depuis un an qui en font autant de points de non-retour: le premier permis délivré pour une première centaine de logements et la définition du tracé définitif de la ligne de tram à Tour et Taxis; les avancées vers le réaménagement du plateau du Heysel à travers notamment l'attribution du marché pour la construction d'un centre commercial, d'une zone de loisirs et de 500 logements, rendu possible par la mise en place d'une structure de gestion commune Ville-Région; un schéma directeur pour un pôle multimodal à Schaerbeek-Formation, un plan directeur pour le future quartier mixte à proximité de la gare Josaphat; sans oublier la vaste zone du canal- "le long duquel nous réussirons ou échouerons dans la réalisation du Bruxelles de 2025", a-t-il souligné.

Rudi Vervoort a toutefois précisé qu'il restait malgré tout beaucoup à faire dans ce domaine. Il a appelé à une réforme d'ampleur des structures régionales en charge de l'aménagement du territoire.
Au passage, il a voulu "tordre le cou à une idée reçue: non la politique de l'emploi n'est pas un échec en Région bruxelloise".

D'après lui, malgré la crise, entre 2000 et 2012, la croissance de l'emploi bruxellois est de 9,2% contre 7,8% en Flandre et 8% en Wallonie. La Région-Capitale est aussi celle qui crée le plus d'entreprises.

Dans une allocution largement consacrée au bilan de son gouvernement, Rudi Vervoort a également avancé plusieurs chiffres sur les effets des mesures prises lors du sommet social consacré il y a près d'un an à la remise à l'emploi des jeunes: près de 1.800 formations professionnelles supplémentaires; 6% de chèques langues distribués en plus en un an; 1.065 emplois créés grâce au renforcement de la mobilité des travailleurs en Région flamande; et la mise en place d'une plate-forme d'apprentissage des langues Brulingua bénéficiant à 1.500 personnes par an.

Le discours de R. Vervoort masque la réalité des chiffres du chômage

Le discours du ministre-président bruxellois masque par omission la réalité socio-économique de la Région-Capitale dont les indicateurs se sont dégradés, ont affirmé en substance les chefs de file du MR et des FDF, interrogés samedi en marge de la séance académique de la Fête de l'Iris, la fleur symbole de la Région bruxelloise.

"Comme le ministre-président, j'observe qu'il y a eu un certain nombre de choses positives au cours des 25 années d'existence de la Région, mais aussi que les indicateurs socio-économiques restent très faibles", a notamment dit Didier Gosuin.

Le député-bourgmestre FDF a par ailleurs déclaré constater comme Rudi Vervoort que l'identité bruxelloise s'affirmait, "mais que le poids de Bruxelles chez les autres reste faible" en regard de dossiers récents.

Pour Didier Gosuin, les évolutions récentes observées dans le dossier des nuisances des avions illustrent à elles seules "la faiblesse des francophones à défendre les Bruxellois".

De son côté, le chef du groupe MR au parlement bruxellois, Vincent De Wolf, a quant à lui insisté sur le tournant que se prépare à négocier la Région bruxelloise davantage maîtresse d'elle-même dans un paysage institutionnel modifié.

Pour lui, le discours de Rudi Vervoort masque la réalité de l'ampleur du chômage et le fait que l'on n'a pas réussi à donner de l'emploi aux Bruxellois eux-mêmes.

Les dossiers de la mobilité et du logement dans lesquels l'opposition libérale a dénoncé ce qu'elle considère comme des failles dans l'action gouvernementale n'ont quant à eux pas été abordés par le ministre-président. "Cela démontre qu'il reste encore beaucoup à faire pour que les Bruxellois soient fiers de l'être et pour que la classe moyenne soit réellement renforcée dans la Région-Capitale", a par ailleurs commenté Vincent De Wolf.

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