Fernand Koekelberg, le "patron" de la police fédérale a démissionné

07/03/11 à 07:42 - Mise à jour à 07:42

Source: Le Vif

Le commissaire général de la police fédérale, Fernand Koekelberg, 56 ans, a annoncé dimanche sa démission à compter de lundi. Il avait fait l'objet de critiques, notamment pour un déplacement professionnel controversé au Qatar.

Fernand Koekelberg, le "patron" de la police fédérale a démissionné

© Belga

"J'ai informé, ce jour, les ministres de l'Intérieur et de la Justice de ma décision de mettre fin, dès demain 7 mars 2011, à mon mandat de commissaire général", a-t-il indiqué dans un communiqué.

"Les attaques répétées dont j'ai toutefois fait l'objet au cours de ces quatre années de mandat furent autant d'atteintes à mon honneur et n'ont pas été sans impact sur l'image de la police fédérale.

Associées à un drame personnel qui m'a affecté il y a quatre mois (le décès de sa fille cadette, NDLR), je les ressens aujourd'hui comme une accumulation insupportable d'injustices et de blessures qui entame ma résistance tant physique que psychique et ne me permet pas de continuer à exercer mes fonctions de manière optimale. Je ne souhaite pas non plus que la répétition de cet état de chose nuise plus avant à l'image de la police fédérale, ce que je ne peux accepter", a ajouté M. Koekelberg.

Un bilan positif Il a toutefois dressé un bilan positif de ces quatre ans passés à la tête de la police fédérale.

"Je suis parfaitement conscient du rôle que j'ai joué dans la modification de notre paysage policier belge intervenue il y a 10 ans. Je m'y suis investi corps et âme avec la conviction de mettre en place une structure et un fonctionnement policier à même de servir encore mieux mes concitoyens et nos autorités. De grandes choses ont été accomplies durant cette période et j'en remercie très sincèrement tous ceux et celles qui y ont contribué", a poursuivi le commissaire général démissionnaire.

"La direction de la police fédérale que j'ai assumée depuis le 1er mars 2007 m'a donné l'occasion de contribuer concrètement, en exerçant de hautes responsabilités, au bon fonctionnement policier. J'estime l'avoir fait avec détermination, enthousiasme et dévouement", écrit-il encore.

Paul Van Thielen remplaçant La fonction de commissaire général sera exercée provisoirement par le directeur général de la police judiciaire fédérale, le commissaire divisionnaire Paul Van Thielen, qui remplace habituellement M. Koekelberg lorsqu'il est absent ou empêché.

"Je remercie mes plus proches collaborateurs ainsi que tous ceux et celles qui m'ont aidé dans ma tâche et je leur demande d'épauler mon successeur", a conclu M. Koekelberg.

Rappel des faits

De nombreux dossiers ont déjà entaché son parcours à la tête de la police fédérale, notamment pour la nomination de deux de ses collaboratrices. Récemment, il a été mis sur la sellette pour un voyage au Qatar où il s'est rendu pour défendre sa candidature à la vice-présidence du comité exécutif d'Interpol. Le coût de ce voyage est estimé à 92.000 euros.

Malgré le fait que le Comité P, organe qui contrôle la police, a estimé dans un premier temps qu'il n'y avait de problème avec ce voyage, la polémique n'a fait que croître lorsque le coût du voyage a été révélé et lorsque le député Ben Weyts (N-VA) a découvert une circulaire signée par M. Koekelberg dans laquelle celui-ci demandait aux membres de son personnel la prudence financière pour les voyages à l'étranger en raison des difficultés budgétaires de la police fédérale. M. Weyts a alors demandé la démission du commissaire général au nom de son parti.

La ministre de l'Intérieur, Annemie Turtelboom, a demandé vendredi une nouvelle enquête du Comité P et a invité l'inspection générale de la police à examiner en profondeur la comptabilité du commissariat général de la police fédérale.

Dans cette dernière polémique, M. Koekelberg a reçu le soutien de la CSC et du Syndicat national du personnel de Police et de Sécurité (SNPS). Celui-ci jugeait que l'émoi autour du déplacement de lobbying de M. Koekelberg au Qatar est exagéré et dénonçait une machination politique.

Il est devenu commissaire général de la police fédérale le 1er mars 2007, succédant à un autre ancien gendarme, Herman Fransen

Le ministre de la Justice De Clerck "a pris connaissance" Le ministre de la Justice, Stefaan De Clerck (CD&V), a indiqué dimanche soir "avoir pris connaissance" de la décision prise par Fernand Koekelberg. M. De Clerck a, dans un communiqué, salué l'"engagement inconditionnel (de M. Koekelberg) et sa contribution significative à la réforme de la police et au fonctionnement de la police intégrée".

Le ministre de la Justice a assuré avoir toute sa compréhension pour le fait que le commissaire général ait, dans des circonstances personnelles et professionnelles difficiles, agi dans l'intérêt de la police.

Selon M. De Clerck, le successeur au moins temporaire de M. Koekelberg disposera de tout son soutien pour sa mission.

Alexander De Croo : "C'est une bonne chose" Le président des libéraux flamands, Alexander De Croo, a exprimé dimanche soir sa satisfaction après l'annonce de la démission du commissaire général de la police fédérale, Fernand Koekelberg.

"C'est une bonne chose qu'il en tire les conclusions", a-t-il affirmé, cité par son porte-parole dans une déclaration.

Selon le président de l'Open Vld, la position de M. Koekelberg était devenue intenable après les révélations de ces dernières semaines, notamment sur un déplacement au Qatar.

"L'image de la police a été mise en danger", a ajouté M. De Croo, toujours selon son porte-parole. Il a exprimé l'espoir que cette image puisse rapidement être restaurée.

Ses collaborateurs sont "choqués" Le personnel de la police est "choqué" par la décision de démissionner prise par le commissaire général de la police fédérale, Fernand Koekelberg, a indiqué dimanche soir le secrétaire de la CSC-ACV Services publics, Jan Adam, qui avait pris la défense du "patron" de la police.

Selon M. Adam, le personnel était très satisfait du travail de M. Koekelberg. "Nous avons toujours pu collaborer avec lui dans une bonne et constructive ambiance. "Ce qui lui arrive est, selon ses collaborateurs, sans mesure et incorrect", a ajouté le responsable du syndicat chrétien.

"Nous respectons et nous soutenons la décision que le commissaire général a prise, non seulement pour lui-même mais aussi dans l'intérêt de ses collaborateurs et de la police intégrée", a poursuivi M. Adam.

Vendredi déjà, la CSC Services publics avait apporté son soutien à Fernand Koekelberg, affirmant qu'une polémique ne pouvait gâcher tout le travail positif réalisé jusqu'ici par le commissaire général de la police fédérale.

Le Vif.be, avec Belga

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