"Femmes de réconfort": Séoul ne veut pas renégocier l'accord avec Tokyo

09/01/18 à 09:01 - Mise à jour à 09:03

Source: Belga

(Belga) Le gouvernement sud-coréen a annoncé mardi qu'il ne chercherait pas à renégocier l'accord conclu en 2015 avec Tokyo pour régler le contentieux historique sur les "femmes de réconfort", ces esclaves sexuelles de l'armée impériale nippone.

Cette question empoisonne les relations bilatérales depuis des décennies, nombre de Sud-Coréens y voyant le symbole des abus et violences commis par le Japon pendant sa domination coloniale de 1910 à 1945. En décembre 2015, la Corée du Sud et le Japon avaient conclu un accord "définitif et irréversible" aux termes duquel le Japon offrait ses "excuses sincères" et versait un milliard de yens (7,5 millions d'euros) de dédommagements à une fondation afin d'aider les rares "femmes de réconfort" sud-coréennes toujours en vie. Mais cet accord, conclu par le gouvernement conservateur de l'ex-présidente depuis destituée Park Geun-Hye, avait été critiqué par une partie de l'opinion sud-coréenne, en raison notamment du refus japonais d'assumer une pleine responsabilité juridique. L'actuel président de centre-gauche Moon Jae-In, qui avait promis lors de sa campagne de réexaminer l'accord, avait encore affirmé fin décembre qu'il était "très imparfait" et ne réglait pas le problème. Mardi, la ministre sud-coréenne des Affaires étrangères, Kang Kyung-wha, a expliqué qu'il était "indéniable" que cet accord avait été officiellement validé par les deux gouvernements. "De ce fait, notre gouvernement ne demandera pas la renégociation de l'accord au gouvernement japonais", a-t-elle dit aux journalistes. Mais, par principe, la Corée du Sud n'utilisera plus l'argent japonais pour aider les survivantes. Elle puisera sur ses propres fonds tout en demandant à Tokyo "des excuses volontaires et sincères". La plupart des historiens estiment que jusqu'à 200.000 femmes, essentiellement des Coréennes mais aussi des Chinoises, des Indonésiennes et des ressortissantes d'autres pays asiatiques, ont été enrôlées de force dans les bordels de l'armée impériale. (Belga)

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