Fake news: Geens sceptique sur l'opportunité d'une loi

10/01/18 à 18:00 - Mise à jour à 18:02

Source: Belga

(Belga) Le ministre de la Justice, Koen Geens, se montre sceptique à propos d'une loi sur les fausses nouvelles ("fake news"), est-il ressorti de la réponse fournie au député Jean-Jacques Flahaux (MR) en commission de la Chambre.

"A première vue, je doute qu'une interdiction légale soit la meilleure façon de combattre ce phénomène", a expliqué M. Geens. "Une interdiction risque d'entraîner de nombreux problèmes liés à l'interprétation et aux preuves, et doit pouvoir également être maintenue". Aux yeux du ministre, les premiers concernés sont les gestionnaires des canaux de communication et des médias, à qui il incombe de vérifier la véracité des messages qu'ils diffusent et le cas échéant de les interdire. Leur responsabilité pourrait être engagée dans le cadre d'une procédure judiciaire lorsque la diffusion d'une fausse nouvelle provoque de sérieux dommages, a-t-il averti. M. Geens craint en outre qu'une telle initiative ne pose rapidement la question de la liberté d'expression et de la presse. "De plus la diffusion de fausses nouvelles peut déjà relever de certaines dispositions pénales, telles que la calomnie et la diffamation. Le problème sera bien souvent d'identifier l'origine de cette nouvelle", a-t-il précisé. Lors de ses v?ux à la presse, le président français Emmanuel Macron a déclaré qu'il souhaitait une loi pour s'attaquer aux "fake news" en période électorale. En cas de propagation d'une fausse nouvelle, cette loi permettrait selon lui "de saisir le juge dans une action en référé, de supprimer le contenu, de déréférencer le site, de fermer le compte utilisateur concerné, voire de bloquer l'accès au site internet". "Vous avez des médias qui sont des médias de propagande, et non de journalisme, on pense à certains médias qui sont détenus par les gouvernements étrangers", a précisé le lendemain le porte-parole du président dans une allusion aux médias publics russes RT et Sputnik, avec lesquels Emmanuel Macron a eu plusieurs démêlés lors de la campagne présidentielle. (Belga)

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