F-35 : Reynders et De Crem dans le même cockpit ?

03/10/13 à 12:09 - Mise à jour à 12:09

Source: Le Vif

Favorable à l'acquisition d'un nouvel avion de chasse, Didier Reynders serait-il devenu l'allié objectif du ministre de la Défense Pieter De Crem, chaud partisan du F-35 américain ?

F-35 : Reynders et De Crem dans le même cockpit ?

© Image Globe

Lors de sa récente visite à Londres, au principal salon de l'équipement militaire et de sécurité, le ministre MR des Affaires étrangères a plaidé pour le remplacement des F-16, les chasseurs-bombardiers entrés en service dans l'armée belge au cours des années 1980. Un prise de position qui a dû réjouir le très atlantiste ministre CD&V de la Défense, ardent partisan de l'acquisition du chasseur américain F-35.

La décision, lourde de conséquence pour l'armée belge et les finances de l'Etat, ne pourra être finalisée d'ici la fin de cette législature. Mais De Crem entend ficeler le dossier de manière à permettre au prochain gouvernement de trancher rapidement. Le remplacement des avions de chasse pourrait même constituer un enjeu politique lors des négociations qui s'engageront au lendemain des élections du 25 mai 2014.

En principe, les F-16 seront retirés du service à partir de 2023, au terme d'une vie opérationnelle de près de quarante-cinq ans. Le constructeur américain du F-35, Lockheed Martin, prévoit, lui, un délai de huit ans entre la commande ferme et la livraison des appareils. Le gouvernement belge doit donc prendre une décision au plus tard en 2015.

Le penchant de De Crem pour le F-35 hérisse les socialistes et les Verts. Le député PS Christophe Lacroix, "abasourdi" à l'idée que la Belgique puisse se lancer dans une telle "aventure aux coûts pharaoniques", s'interroge sur l'intérêt de conserver une aviation de chasse belge. Le sénateur écolo Benoît Hellings s'alarme lui aussi de la facture pour le remplacement des F-16, estimée à 6 milliards d'euros. "Cette dépense représenterait le double du budget annuel de la Défense, calcule-t-il, ou encore vingt-cinq fois plus que l'ensemble des dépenses militaires de l'an dernier."

Si les libéraux francophones ne tiennent pas le même discours, c'est parce que leur priorité est l'avenir de l'industrie belge de l'armement, estiment plusieurs sources. )

Selon un spécialiste du dossier, le prix d'un F-35 atteint, aujourd'hui, entre 100 et 120 millions d'euros, voire nettement plus si l'on prend en compte le matériel de test, l'outillage spécifique, la formation...
Prudent, De Crem ne s'est pas avancé sur le nombre d'appareils que la Belgique devrait acquérir. Selon les confidences d'un responsable américain, la commande pourrait être de 35 à 55 avions.

Le dossier dans Le Vif/L'Express de cette semaine

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