Explosions en Thaïlande - La police pointe du doigt les rebelles musulmans

22/08/16 à 13:03 - Mise à jour à 13:03

Source: Belga

(Belga) La police thaïlandaise a pointé du doigt lundi la piste des rebelles musulmans de l'extrême sud du pays derrière les attentats des 11 et 12 août dans des stations balnéaires du pays.

Explosions en Thaïlande - La police pointe du doigt les rebelles musulmans

Explosions en Thaïlande - La police pointe du doigt les rebelles musulmans © BELGA

Evoquant un groupe de "plus de vingt personnes" derrière les attaques, le chef de la police, Chakthip Chaijinda, a précisé: "la plupart viennent de la région frontalière du sud", en proie depuis des années à une rébellion indépendantiste musulmane. C'est la première fois que la police thaïlandaise évoque aussi clairement cette piste, balayée par la junte militaire au pouvoir. Les enquêteurs ont récemment perquisitionné une école islamique dans l'extrême sud, où certains des suspects ont étudié, selon la police. Le chef de la police a multiplié les précautions oratoires, se refusant à prononcer le mot "musulman", disant seulement que les suspects n'étaient "pas bouddhistes", la religion majoritaire en Thaïlande. Il a aussi précisé que ce groupe de l'extrême sud "pourrait avoir été employé" par des commanditaires extérieurs à la région. Il a seulement précisé que ce groupe n'était pas composé de vétérans de la rébellion, fichés. "Ce sont pratiquement tous des nouveaux visages, ce qui rend l'enquête plus difficile. Mais nous avons des preuves", a-t-il assuré. L'enquête sur ces attentats suscite de vives critiques, notamment après les contradictions entre police et armée. La junte militaire au pouvoir depuis le coup d'Etat de 2014 a ainsi assuré qu'une quinzaine de suspects interpellés par ses soins était à l'origine des attentats, avant d'être contredits par la police. Les 11 et 12 août, onze bombes ont explosé à travers le sud de la Thaïlande, notamment dans deux stations balnéaires très touristiques, faisant quatre morts. Parmi les blessés, dix étaient des touristes étrangers. Aucune revendication n'a été faite pour l'heure, les autorités désignant la piste d'un "sabotage local", plutôt qu'un acte de terrorisme international. Si la piste de l'extrême sud était confirmée, ce serait une attaque sans précédent des séparatistes musulmans, après plus d'une décennie d'affrontements locaux ayant fait des milliers de morts, dans l'indifférence de la communauté internationale. (Belga)

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