Etienne Schouppe (CD&V) : "Qu'on le veuille ou non, la Belgique doit être gérée"

13/06/10 à 23:29 - Mise à jour à 23:29

Source: Le Vif

Secrétaire d'État à la Mobilité CD&V, Etienne Schouppe analyse, à chaud, les résultats des élections et la victoire éclatante de la N-VA.

Etienne Schouppe (CD&V) : "Qu'on le veuille ou non, la Belgique doit être gérée"

© Belga

Comment analysez-vous le succès de la N-VA ?

Les analyses devront être affinées dans les semaines et les mois à venir. Force est de constater que le message de la N-VA a été reçu par un grand nombre de gens en Flandre. Sa victoire est éclatante. On n'a jamais vu dans l'histoire politique de notre pays qu'un petit parti faisait un tel saut en avant. Cela répond donc à un sentiment qui existe réellement en Flandre. Il faut voir maintenant comment traduire cela sur le plan pragmatique dans la concertation entre les gens du Nord et les gens du Sud. Parce que, qu'on le veuille ou non, la Belgique doit être gérée. Nous devons avoir un gouvernement. Notre économie doit être sauvée. Le bien-être social doit être sauvegardé. Il faut qu'il y ait concertation entre le PS, vainqueur côté francophone, et la N-VA, côté néerlandophone. Ce ne sera certainement pas aussi facile qu'avec un parti comme le nôtre qui, dès le départ, avait affirmé être prêt à la concertation. Notre attitude était beaucoup plus "acceptable" pour la partie francophone du pays.

Pensez-vous que la N-VA acceptera de participer à un gouvernement ?

Je ne peux pas répondre au nom dela N-VA. Le fait est que, avec un tel succès, on ne peut pas effacer la N-VA du tableau politique. La N-VA doit absolument assumer ses responsabilités. Elle ne doit pas avancer des prétextes, maintenant, pour renoncer à prendre ses responsabilités. A l'égard de l'ensemble du pays.

Comment qualifiez-vous le résultat du CD&V ?

Au départ des sondages, nous nous attendions à un recul. C'est certain. Nous ne serons pas aux 16 % que certaines enquêtes nous pointaient. Nous savions que nous allions subir un recul. Cela ne fait pas plaisir. C'est un parcours que tout parti politique peut avoir au cours de sa vie électorale. Nous ne nous attendions pas à un tel recul. Nous espérions peut-être être un peu plus proches des 20 %. C'est regrettable. Mais il faut accepter le verdict démocratique.

L'autre fait marquant, c'est la progression du PS en Wallonie. Est-ce que cela complique ou facilite la situation politique ?

Le PS défendra certaines positions reprises dans son programme. La N-VA fera la même chose. Ils doivent eux deux trouver un terrain d'entente. Cela ne sert à rien de diviser davantage le pays pour attiser les confrontations de communauté à communauté parce qu'à ce moment-là cela risque de compliquer encore davantage la situation. Ce n'est pas la confrontation qui permettra d'arriver à des solutions; c'est la concertation.

Le CD&V est-il prêt à participer à un gouvernement avec la N-VA ?

Mme Thyssen a été très claire dans son discours. Nous n'allons pas nous écarter des principes de base sur lesquels nous avons été élus.

Gérald Papy

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