Espagne: une famille obtient la restitution des corps de victimes de Franco

09/05/16 à 16:59 - Mise à jour à 16:59

Source: Belga

(Belga) La justice espagnole a autorisé pour la première fois l'exhumation des corps de deux victimes républicaines de la guerre d'Espagne enterrées dans le mausolée où repose le dictateur Francisco Franco, dans une décision publiée lundi.

Espagne: une famille obtient la restitution des corps de victimes de Franco

Espagne: une famille obtient la restitution des corps de victimes de Franco © BELGA

Près de 80 ans après le début de la guerre civile (juillet 1936-mars 1939), le tribunal de San Lorenzo de El Escorial, commune de la région de Madrid où se dresse ce gigantesque monument aux morts de la guerre civile, ordonne dans un arrêt daté du 30 mars "la remise des restes des frères Lapeña Altabas à leur parente Mme Maria Purificacion Lapeña Garrido après l'identification de ceux-ci afin de leur donner une sépulture digne". Le "Valle de los Caidos" (Vallée de ceux qui sont tombés), construit entre 1940 et 1958 par le régime nationaliste franquiste, abrite les corps de milliers de victimes de la guerre civile, nationalistes comme républicains, et celui de Franco. Purificacion Lapeña, 58 ans, avait demandé en septembre 2015 devant ce tribunal l'exhumation des corps de son grand-père et de son grand-oncle, Manuel et Antonio-Ramiro Lapeña Altabas. Ces militants anarchistes avaient été fusillés et enterrés dans une fosse commune en Aragon en 1936 puis leurs restes transférés en 1959 vers le monument sans le consentement de leur famille. Plusieurs dizaines de milliers de disparus, morts pendant la guerre civile ou dans les années de répression qui ont suivi la victoire de Franco, gisent toujours dans des fosses communes. Une "loi pour la mémoire historique" votée en 2007 sous un gouvernement socialiste permet aux pouvoirs publics d'aider les familles de disparus à exhumer, identifier et récupérer les corps des victimes. Mais le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy arrivé au pouvoir en 2011 refuse de financer la mise en oeuvre de cette loi qu'il accuse de rouvrir les blessures du passé. (Belga)

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