Eric Van Rompuy : les francophones sont déjà dans le plan B

05/04/11 à 10:24 - Mise à jour à 10:24

Source: Le Vif

Le député flamand Eric Van Rompuy (CD&V) estime que les francophones ne croient plus que la négociation actuelle puisse aboutir à un accord sur une nouvelle réforme de l'Etat.

Eric Van Rompuy : les francophones sont déjà dans le plan B

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Les francophones sont déjà dans le plan B, a-t-il dit mardi matin sur La Première (RTBF). Il en veut pour preuve les dernières déclarations et le changement de nom de la Communauté française en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Selon Eric Van Rompuy, les francophones ont mal interprété l'interview du ministre-Président flamand, Kris Peeters. "Il n'a pas remis en cause le statut de Bruxelles. Il n'a pas parlé de cogestion. Il a réaffirmé l'opinion du CD&V, à savoir qu'il ne faut pas toucher au statut de la Région de Bruxelles-Capitale tel qu'il a été défini en 1989", a-t-il dit. "Dire comme l'a fait le ministre wallon Benoît Lutgen que Kris Peeters veut faire des Bruxellois des sous-hommes est grotesque", a-t-il ajouté.

Selon lui, les francophones veulent une Région bruxelloise dans laquelle les Flamands ne détiennent plus de droit de veto parce qu'ils craignent que la N-VA parvienne à bloquer la région s'il reste le plus grand parti flamand.

Les francophones vers le plan B ?

Eric van Rompuy est convaincu que les francophones ne croient plus à une possibilité d'accord en vue d'une 6e réforme de l'Etat. L'affirmation de la Fédération Wallonie-Bruxelles "montre qu'on raisonne de plus en plus dans un scénario de plan B", dit-il.

"Les francophones sont convaincus que la Flandre va faire sécession. C'est dans cette perspective qu'ils parlent de Fédération Wallonie-Bruxelles", a encore noté M. Van Rompuy. A la VRT, dont il était également l'invité mardi matin, il a qualifié la démarche des francophones de "langage quasi-guerrier".

A propos de l'avenir de la mission de négociateur de Wouter Beke, M. Van Rompuy a rappelé qu'elle dépendait des deux grands partis, N-VA et PS. Or, selon lui, "l'axe Di Rupo-De Wever ne marche pas".

Il est d'avis que les déclarations des uns et des autres, tout comme l'affirmation de la Fédération Wallonie-Bruxelles, hypothèquent la mission de Wouter Beke.

"Il y a beaucoup dans la note de Johan Vande Lanotte. Essayons d'avancer là-dessus sans mettre de nouveaux éléments sur la table", a encore dit Eric Van Rompuy. Il a aussi rappelé qu'il était pour lui évident que des compensations à la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde étaient nécessaires, tout en ajoutant qu'il n'était pas question d'accepter une extension de la Région bruxelloise.

Enfin, il a également redit qu'il était illusoire de croire que son parti pourrait conclure un accord institutionnel ou entrer dans un gouvernement sans la N-VA.

Le Vif.be, avec Belga

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