Eric Van Rompuy : "La N-VA veut la solution finale pour l'état belge"

27/03/13 à 12:49 - Mise à jour à 12:49

Source: Le Vif

Knack a réuni Ben Weyts (N-VA) et Eric Van Rompuy (CD&V) afin d'analyser ce qui relie encore la N-VA et le CD&V, et ce qui les sépare aujourd'hui.

Eric Van Rompuy : "La N-VA veut la solution finale pour l'état belge"

© Filip Van Roe

Qu'est-ce qui nous attend en 2014? Vous dites vous-même, Ben Weyts ,que vous voulez forcer une rupture "si vous trouvez des partenaires flamands".

Ben Weyts: D'un point de vue arithmétique, la N-VA a besoin d'au moins un partenaire, qui pourrait être le CD&V ou l'Open VLD. C'est notre première besogne : trouver un accord avec un autre parti flamand. Parce que c'est la leçon que nous avons tirée: il ne suffit pas de gagner les élections en Flandre, il faut arriver à un accord avec "cette autre démocratie". Nous voulons parler en tant que démocratie flamande : en tant que majorité au parlement flamand, et même peut-être en tant que gouvernement flamand. Si c'est le cas, nous nous trouverons dans une autre situation.

Eric Van Rompuy: Nous verrons bien ce que 2014 apportera. Il est hors de question que le CD&V participe à une histoire qui rendrait la formation d'un gouvernement dépendant de l'entrée en vigueur de votre version du confédéralisme, c'est-à-dire le séparatisme.
Weyts: Mais le CD&V participera à nouveau à un gouvernement fédéral sans majorité flamande? C'est ça ? Vous allez à nouveau nous lâcher?

Van Rompuy: La N-VA refusera-t-elle à nouveau de négocier un gouvernement fédéral ?Oui? Alors, nous risquons effectivement de vous lâcher. Et en cette époque de classiques cyclistes, il peut être utile d'expliquer la signification du mot "lâcher". Entre 2004 et 2011, nous roulions et nous étions en tête ensemble. La ligne d'arrivée était proche et on voyait qu'on pouvait "gagner" : nous avions enfin l'occasion de scinder BHV. Mais tout à coup on a vu qu'un de nos compagnons n'était plus en tête, mais essayait continuellement de saboter notre échappée . C'est pourquoi à un certain moment on a dit : "Il faut démarrer maintenant. Et essayer d'arriver sans ces autres suceurs de roue qui font travailler les autres en espérant notre échec et qui par-dessus le marché s'octroient la victoire. (fièrement) Et nous avons réussi.

Ne pensez pas que nous sommes naïfs. Ce que vous voulez, c'est obtenir une majorité dans le parlement flamand. C'est pourquoi Bourgeois tenait tant à ces quarante pour cent : ce chiffre vous permettrait d'avoir la majorité. Ensuite, vous mettrez le confédéralisme sur le tapis. La N-VA veut la solution finale pour l'état belge.

Weyts: Eric, faites attention à ce que vous dites.

Van Rompuy: De Wever utilisait le terme " évaporer" non? Je vous le garantis sur papier : vous espérez un scénario anversois en 2014, qui trouvera l'un ou l'autre parti vous aidant à dépasser les cinquante pour cent. La population doit savoir quel scénario l'attend. Le but de la N-VA équivaut à un drame socio-économique. Pour "notre réforme de l'état", nous avons dû négocier cinq cents jours. Le confédéralisme tel que le veut la N-VA, vous ne le négocierez pas en mille jours. Et par ailleurs, vous ne trouverez pas de partenaires flamands : certainement pas le CD&V ni le SP.A et l'Open VLD sans doute pas non plus. On aura donc un chaos total. Pour tout entrepreneur, la législation fiscale sera totalement incompréhensible, vu que celle-ci ira aux états fédérés. Les caisses de pensions devront être séparées. Les marchés financiers nous demanderont : "Et qu'est-ce qu'on fera de la dette ? Et alors, on me reproche que Van Rompuy sème la crainte en parlant de situation grecque. Le confédéralisme nous mènera à ce genre de scénario.

Weyts: Vous faites comme si cette sixième réforme de l'état a vraiment fait progresser le pays. (...) Votre autonomie fiscale n'est qu'une aumône. Le gouvernement flamand n'a toujours pas plus les coudées franches que le premier collège d'échevins venu. Comme si la Flandre ne pouvait pas se montrer plus ambitieuse ? Vous parlez déjà vous-même d'une septième réforme de l'état. C'est reconnaître que votre sixième réforme de l'état n'est pas un big bang. Cette septième réforme sera-t-elle The Biggest Bang? Admettez que c'est une réforme bric-à-brac. Ce pays continue à patauger, avec la plus grande dette publique du monde, la pression fiscale la plus élevée et les dépenses d'état les plus importantes. Il faudra donc bien qu'on parle de confédéralisme en 2014.

WP

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