Environ 250 Juifs de Belgique sont partis s'installer en Israël en 2014

17/02/15 à 17:05 - Mise à jour à 17:05

Source: Belga

Quelque 250 Juifs de Belgique, sur environ 30.000, sont partis s'installer en Israël l'année dernière, d'après les données de l'Agence juive qui apporte un soutien logistique aux installations dans l'État hébreu.

Environ 250 Juifs de Belgique sont partis s'installer en Israël en 2014

Image d'illustration © Belga

Le phénomène, s'il a toujours existé, est en augmentation depuis environ cinq ans et est le résultat d'un "antisémitisme importé", selon Betty Dan, présidente de l'Organisation sioniste de Belgique (OSB) et Henri Benkoski, vice-président du Comité de Coordination des Organisations juives de Belgique (CCOJB). Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a réitéré dimanche son appel aux Juifs d'Europe à émigrer vers l'État hébreu après les attentats perpétrés à Copenhague. La décision de plus en plus fréquente de quitter le pays pour Israël n'est cependant aucunement liée à cet appel "électoraliste", selon Betty Dan et Henri Benkoski. "Cela fait des années que l'Alyah ("montée vers Israël") connait une augmentation, le phénomène s'accentue depuis quatre ou cinq ans et l'affaire Nemmouche a rendu l'urgence de certains plus aiguë", avance Betty Dan. Selon les chiffres de l'Agence juive, la moyenne annuelle des départs se situait autour de 100 dans les années 1990 pour atteindre les 150 au cours de la décennie suivante. Les émigrations ont effectivement connu une augmentation fulgurante en 2010, avec 247 départs, pour être relativement stables jusqu'en 2014 (250 départs). Si aucune donnée n'est encore disponible pour le début de l'année 2015, marquée par des attentats envers des établissements de la communauté juive à Paris et à Copenhague, "beaucoup de personnes s'apprêtent à partir en juin, après l'année scolaire", glisse la président de l'OSB. La demande accrue en renseignements sur l'arrivée et l'installation en Israël est telle qu'un salon de l'Alyah sera d'ailleurs organisé pour la première fois en Belgique à l'hôtel Thon Stéphanie de Bruxelles, le 1er mars prochain. L'antisémitisme chrétien latent existe toujours, "mais il était caché après la guerre", selon Betty Dan. La peur principale de la communauté juive est désormais issue d'un "antisémitisme importé" qui a libéré la parole et qui laisse penser aux racistes "qu'aujourd'hui, on peut tout se permettre". Selon l'ancienne directrice de radio Judaïca, c'est l'arrivée d'imams venus d'Arabie saoudite qui a radicalisé les plus jeunes générations musulmanes d'Europe. Malgré les mesures prises par les autorités belges, notamment pour la protection des établissements juifs, le sentiment d'être abandonné et l'impression que le gouvernement ne prend pas suffisamment la menace au sérieux primeraient désormais, explique Betty Dan. "Nous avons l'impression que nous n'avons pas d'autre choix que de partir, les écoles de nos enfants sont gardées par des militaires, est-ce vraiment la vie que l'on veut pour eux? ", s'interroge-t-elle. "Les mesures ne sont pas suffisantes", ajoute le CCOJB. "Le gouvernement doit faire plus et nous ne voulons pas entendre l'argument budgétaire, il est aujourd'hui question de choix politiques." Pour Henri Benkoski, si la communauté juive est aujourd'hui visée par le terrorisme, elle n'en sera pas la seule victime. "Les Juifs ont toujours été un baromètre de nos sociétés", affirme-t-il. "La question qui se pose aujourd'hui est de savoir si l'Europe peut encore enclencher la marche arrière du radicalisme et si la classe politique n'a pas raté vingt ans de l'Histoire." L'avantage d'Israël, selon le vice-président du CCOJB, est de vivre en connaissant ses ennemis depuis 1948 alors que la démocratie européenne vient à peine d'identifier le sien. Malgré sa situation, les attentats visant les Juifs en Israël sont proportionnellement moins nombreux qu'ailleurs, souligne Henri Benkoski. Pour Betty Dan, l'État hébreu est sans aucun doute la meilleure option disponible. "Les Juifs auront moins, parce que la vie est plus dure, mais ils vivront en sécurité", conclut-elle, tout en soulignant que l'antisémitisme en Europe n'a plus aucun lien avec les conflits dans le monde arabe.

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