En Belgique, la question de l'abdication est beaucoup plus "taboue"

28/01/13 à 19:57 - Mise à jour à 19:57

Source: Le Vif

L'abdication des souverains aux Pays-Bas est presque "une coutume", a indiqué lundi soir l'historien Francis Balace de l'Université de Liège (ULg), à la suite de l'annonce de l'abdication de la reine Beatrix. Les reines Wilhelmine et Juliana des Pays-Bas, respectivement grand-mère et mère de Béatrix, avaient également abdiqué, a-t-il rappelé à l'Agence Belga.

En Belgique, la question de l'abdication est beaucoup plus "taboue"

© Image Globe

"L'abdication de la reine Beatrix n'est pas vraiment une surprise", commente également Vincent Dujardin, professeur d'histoire contemporaine à l'Université Catholique de Louvain (UCL). "On en parlait déjà depuis un certain temps, la reine avait d'ailleurs pris certaines mesures, notamment immobilières, pour préparer son retrait. Elle avait également mis en avant son fils, le prince Willem-Alexander, ces dernières années."

Le retrait de la reine a probablement été retardé par certaines circonstances, telles que l'accident grave de son deuxième fils, le prince Johan Friso, ou encore l'attentat survenu en 2009 lors de la fête de la Reine, ajoutent les historiens.

En Belgique, la question de l'abdication est beaucoup plus "taboue", estime M. Balace. "L'abdication forcée de Léopold III a été un très mauvais souvenir pour les Belges."

Vincent Dujardin rappelle pour sa part que "la situation politique et institutionnelle de la Belgique est différente de celle des Pays-Bas". Dans notre pays, le roi joue encore en effet un rôle dans la formation des gouvernements, ce qui n'est plus le cas dans les faits depuis 2010 aux Pays-Bas.

"La thèse parfois évoquée d'une abdication d'Albert II en juillet 2013 me paraît donc peu plausible. Le roi est actuellement le seul élément de stabilité dans un contexte politique difficile", conclut Vincent Dujardin.

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