En 20 ans, 676 personnes ont officiellement changé de sexe en Belgique

20/11/13 à 18:15 - Mise à jour à 18:15

Source: Le Vif

Entre 1993 et juin 2013, le Registre national belge a enregistré 676 changements de sexe, selon un communiqué envoyé mercredi par l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes (IEFH) à l'occasion du "Transgender Remembrance Day", la journée internationale de commémoration des personnes transgenres assassinées pour des raisons d'identité sexuelle. S'ils ne sont que 676 à avoir officialisé un tel changement, on estime toutefois que les transgenres (travestis, intersexués ou transsexuels) sont en réalité 100 à 150 fois plus nombreux que cela en Belgique.

En 20 ans, 676 personnes ont officiellement changé de sexe en Belgique

© Reuters

La législation belge limite en effet les possibilités de changement officiel de sexe en imposant des critères médicaux particulièrement stricts, note le communiqué de l'IEFH, renvoyant à une étude de droit comparé effectuée en octobre dernier. La loi belge exige que la personne souhaitant modifier son genre au Registre national remette avec sa demande une déclaration d'un psychiatre et d'un chirurgien. Ceux-ci doivent entre autres attester que l'intéressé a subi tous les traitements médicaux et interventions possibles et justifiés pour changer physiquement de sexe et qu'il est incapable de concevoir des enfants conformément à son sexe précédent.

"Les conditions médicales imposées actuellement sont en contradiction avec les droits de l'homme", affirme l'IEFH, pointant plus particulièrement l'obligation d'une stérilisation irréversible. En conséquence et suite au constat d'un changement législatif dans divers pays européens, les ministres Joëlle Milquet (égalité des chances) et Annemie Turtelboom (justice) travaillent actuellement à une adaptation de la loi transsexualité belge, note le communiqué. En-dehors du cadre légal, l'IEFH met encore le doigt sur les discriminations subies par les transgenres. "Il ressort d'une étude de l'Université d'Anvers que 80% des personnes transgenres interrogées ont été récemment confrontées à une violence verbale et/ou physique en public", indique l'institut. Dans le cadre d'un plan d'action s'attaquant à cette problématique, une campagne interne à la police a été lancée mercredi. La campagne vise à informer et sensibiliser les agents, qui se disent souvent démunis face à la possibilité de devoir faire face à un public transgenre. Il est également prévu que la loi "genre" soit élargie pour protéger des discriminations non seulement les personnes transsexuelles (celles qui ont subi ou vont subir un changement de sexe définitif) mais aussi "les travestis, les intersexués ou les autres personnes en dehors des standards traditionnels en matière de sexe et de genre". Sur les 676 changements officiels de genre, un tiers seraient des femmes effectuant une transition vers le statut masculin, les deux tiers des cas allant dans le sens inverse, selon l'IEFH.

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