Emeutes à Liège : une trentaine de jeunes interpellés

12/11/11 à 19:48 - Mise à jour à 19:48

Source: Le Vif

Une trentaine de jeunes âgés entre 15 et 25 ans ont été appréhendés et privés de liberté lors des émeutes qui ont éclaté samedi soir dans le centre de Liège à l'issue des funérailles de Jordy Kasavubu, le braqueur abattu par le bijoutier qu'il tentait de braquer à Tilff, le 2 novembre dernier.

Emeutes à Liège : une trentaine de jeunes interpellés

© Image Globe

Les jeunes interpellés l'ont été soit après avoir été pris en flagrant délit de vandalisme, soit administrativement. Certains d'entre eux devraient être déférés au parquet dimanche.

Les dégradations commises dans le centre de Liège sont nombreuses. Un cocktail molotov a été lancé sur la façade de la Maison du Péket, située derrière l'Hôtel de Ville, et non sur un fast food comme annoncé précédemment. Deux voitures ont été incendiées, respectivement rue du Potay et rue du Bâneux. Le feu a également été bouté aux poubelles d'une station-service située rue du Barbou et à un abribus de la place de la République française.

La police est intervenue en tenue de combat et accompagnée de la brigade canine pour tenter de calmer les émeutiers.

Manifestation houleuse en mémoire du braqueur

Environ 250 personnes avaient pris part à une courte marche en mémoire de Jordy, vendredi après-midi à Liège. En fin de cortège, une trentaine de jeunes ont causé des débordements. La police aurait procédé à plusieurs interpellations.

Le cortège avait été interdit par le bourgmestre Willy Demeyer, jeudi, qui craignait une contre-manifestation et des troubles à l'ordre public. Vers 15 heures, alors que près de deux cents personnes étaient regroupées devant le funérarium où repose la dépouille, boulevard de la constitution, à Liège, des organisateurs avaient fait état d'une rencontre en cours entre les proches de la victime et le mayeur, déclarant avoir finalement obtenu l'autorisation de la tenue de la marche, suivant un itinéraire raccourci.

Le bourgmestre, Willy Demeyer, a démenti avoir donné toute autorisation de manifester. Il estime que la gestion de l'événement relève de la police et ne fait pas de commentaire.

Les proches du braqueur ont pris la tête d'une courte marche qui a démarré vers 16 heures, encadrée par la police. En tête du cortège se trouvaient des jeunes gens arborant des t-shirts à l'effigie de la victime et proclamant "Jordy assassiné, repose en paix".

Une trentaine de minutes plus tard, en fin de manifestation, l'une des soeurs de la victime a prononcé quelques mots. "Jeune black, blanc, nous sommes tous de la même famille, de la race humaine. Perdre un proche, c'est dur. Partir si tôt, ce n'est pas permis, cela ne devrait pas être permis". "Cette marche est une action très importante pour la mémoire de Jordy", précise Mira Makono, sa grande soeur, à l'agence Belga. "Sa mort est injuste pour la communauté. On ne peut pas tuer un enfant comme cela. Le nombre de personnes présentes prouve à quel point c'était un garçon bien et très aimé".

Alors que la manifestation, qui s'était déroulé dans le calme, prenait fin, une trentaine de jeunes ont lancé des pierres et se s'étaient dispersés en courant vers le boulevard Saucy. Bloqués par la police, ils avaient scandé le prénom de la victime, puis hurlé "assassin, assassin". Ils s'en étaient ensuite pris à une demi-douzaine de voitures, et en avaient rendu au moins deux hors d'usage.

La police était présente en nombre, matraques et boucliers au poing. Elle aurait interpellé plusieurs manifestants. Le rassemblement s'est finalement disloqué vers 17 heures.

La famille et les proches de Jordy Makono regrettent ces débordements.

Le Vif.be, avec Belga

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