Elio Di Rupo rend hommage aux soldats belges de 1914 et aux victimes civiles

04/08/14 à 12:33 - Mise à jour à 12:33

Source: Le Vif

Le Premier ministre démissionnaire Elio Di Rupo a rendu lundi hommage aux soldats belges pour leur résistance en août 1914 lors du déclenchement de la Première Guerre mondiale et aux milliers de victimes civiles belges, massacrées en août 1914 par l'envahisseur allemand.

Elio Di Rupo rend hommage aux soldats belges de 1914 et aux victimes civiles

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Permettez-moi de rendre un hommage particulier aux soldats belges", a-t-il affirmé devant un parterre de représentants rassemblés au mémorial interallié de Cointe, symbole de la reconnaissance des alliés à la ville de Liège pour sa résistance en août 1914.

"Leur extraordinaire résistance, aux premiers jours de la guerre, constitue un fait historique majeur", a souligné M. Di Rupo, rappelant qu'elle a "offert à nos voisins et alliés (en particulier la France et la Grande-Bretagne, ndlr) davantage de temps pour s'organiser et se défendre".

"Ce fut la toute première étape sur le long, le très long chemin vers la liberté", a ajouté le chef du gouvernement fédéral.

M. Di Rupo a aussi rendu un "hommage appuyé" aux milliers de victimes civiles belges, massacrées en ce funeste mois d'août 1914 par l'envahisseur.

"De nombreux villages et villes de notre pays en portent encore les stigmates", a-t-il dit.

Il a appelé au respect de l'autre et à la tolérance, sans lesquels "il n'y a pas de paix possible".

"Nous devons faire en sorte que chacun apprenne, dès le plus jeune âge, à accepter la différence et le dialogue. Nous devons aussi nous montrer intransigeants par rapport à toutes les formes de racisme, de xénophobie et d'antisémitisme", a fait valoir M. Di Rupo.

Le roi salue le rôle de l'UE dans la paix entre ses membres

Le roi Philippe a salué lundi le rôle de l'Union européenne dans l'établissement de la paix durable qui prévaut entre ses Etats membres, après des siècles de conflits qui ont ensanglanté le Vieux Continent.

"La paix n'est pas seulement l'absence de guerre. La paix est bien plus que cela. Pour être durable, elle doit reposer sur un projet commun qui lie d'une façon nouvelle ceux qu'elle engage. Elle appelle à la création de solidarités, elle repose sur le tissage de liens plus étroits entre les peuples et le dialogue respectueux entre les nations. Elle dépend aussi de la qualité et du degré de confiance entre les responsables politiques des différents pays", a-t-il affirmé devant un parterre de représentants rassemblés au mémorial interallié de Cointe, symbole de la reconnaissance des alliés à la ville de Liège pour sa résistance en août 1914.

"Il faudra attendre la création de l'Union européenne, pour que ce regard nouveau prévale entre plusieurs Etats européens, ce qui assurera enfin des décennies de paix aux Etats qui en font partie", a ajouté le souverain.

"Le souvenir de la Première Guerre mondiale nous donne à réfléchir à la responsabilité des dirigeants et aux décisions qu'ils peuvent prendre pour préserver la paix et rapprocher les peuples. Ce défi reste aujourd'hui un enjeu majeur", a-t-il poursuivi.

Selon le roi, "la mémoire européenne nous rappelle qu'aucune paix ne peut être durable sans un état d'esprit qui surpasse la souffrance endurée, qui dépasse la question de la culpabilité et qui se tourne résolument vers l'avenir".

"L'Europe pacifiée, l'Europe unifiée, l'Europe démocratique. Nos grands-parents en ont rêvé. Nous l'avons aujourd'hui. Chérissons-là, et continuons à l'améliorer. Continuons ensemble à porter à travers le monde le message que la paix durable passe par une véritable réconciliation et un projet commun", a-t-il dit.

Le souverain a aussi souligné que la guerre de 1914-1918 "a - par-delà les divisions - finalement rassemblé tous nos peuples sous une seule bannière: celle de la souffrance".

"Aujourd'hui nous commémorons cette souffrance. Mais nous nous souvenons aussi du chemin parcouru depuis lors. Cette commémoration est indispensable pour mieux construire l'avenir", a-t-il affirmé.

Le roi Philippe a encore rendu hommage "au courage et à la dignité de ceux qui ont combattu et de ceux qui ont vécu dans des conditions inhumaines".

"Nous nous souvenons aussi de la cruauté et de la barbarie, guéris de nos rancoeurs et des terribles blessures ayant endeuillé nos familles. Nous exprimons enfin notre reconnaissance envers tous ceux qui, au coeur des nuits les plus noires du conflit, ont alimenté le formidable élan de solidarité face aux souffrances de la population et aux graves pénuries alimentaires. +Brave Little Belgium+ fut le cri de ralliement d'une opération humanitaire de très grande envergure dont la Belgique bénéficia tout au long de la guerre", a-t-il dit en citant une expression anglo-saxonne saluant le courage de la Belgique lors du conflit et encore utilisée par le président américain Barack Obama fin mars lors de sa visite au cimetière militaire américain de Flanders Field à Waregem.

Le chef de l'Etat a rappelé combien l'espoir se voulait, au lendemain du premier conflit mondial, immense que cette guerre soit la dernière.
"Des traités de paix ont été signés. Des progrès ont été obtenus pour renforcer nos démocraties, développer l'enseignement et les libertés syndicales, améliorer la protection sociale ou encore voter des lois permettant aux différentes cultures de s'exprimer pleinement. Mais les espoirs de paix ont été déçus. A peine vingt ans après la fin de la Grande Guerre, une nouvelle guerre, plus cruelle encore, éclatera", a-t-il rappelé.

Le président allemand dénonce le nationalisme à l'origine du conflit

Le président allemand Joachim Gauck a dénoncé lundi à Liège le nationalisme qui régnait dans son pays en 1914 et qui a été, selon lui, responsable du déclenchement de la Première Guerre mondiale, tout en remerçiant la Belgique pour la réconciliation intervenue au lendemain du second conflit mondial.

"Nous commémorons aujourd'hui la terrible 'Grande Guerre', qui allait être la première des deux guerres mondiales. Cette guerre commença en Europe occidentale par l'invasion de la Belgique neutre par les troupes allemandes, une invasion que rien ne pouvait justifier", a-t-il déclaré devant un parterre de représentants rassemblés au Mémorial interallié de Cointe, symbole de la reconnaissance des Alliés à la ville de Liège pour sa résistance en août 1914.

"Cette invasion ne faisait que suivre la logique militaire. Ainsi, dès le premier jour du conflit, il devint manifeste que les traités étaient sans valeur aucune et les normes de civilisation abolies", a ajouté M. Gauck, un ex-pasteur et militant des droits de l'homme à la fin de la RDA.

"Le nationalisme avait presque aveuglé tous les coeurs et les esprits. Ni les normes culturelles et de civilisation, ni les croyances religieuses, ni la raison n'avaient été assez fortes pour donner une autre orientation à la conscience. Au contraire. On croyait même être dans son droit, tant du côté de la morale que de la religion. Dans cette lutte d'une culture contre une autre, les sentiments de supériorité et un égoïsme nationaliste extrême triomphaient de l'empathie", a poursuivi le président allemand.

Il a en particulier évoqué l'"horreur" suscitée par les troupes allemandes, et en particulier par leur attitude à l'égard des civils, et les attaques contre le patrimoine culturel. "La destruction de la célèbre bibliothèque de Louvain devint un symbole qui déclencha la peur, la consternation et l'ire générales", a-t-il dit.

La Grande-Bretagne se souvient d'une guerre qui a tout "bouleversé"

Extinction des feux symbolique, veillée aux chandelles dans l'abbaye de Westminster, parade de voitures d'époque: cent ans après avoir déclaré la guerre à l'Allemagne, la Grande-Bretagne commémorait lundi le début d'un conflit qui allait coûter la vie à près d'un million de soldats de l'empire britannique.

Le 4 août 1914, le Royaume-Uni avait été, après l'Autriche-Hongrie le 28 juillet, l'Allemagne et la Russie le 1er août, puis la France le 3, la dernière grande puissance européenne à entrer dans la guerre devenue dès lors un conflit définitivement planétaire.

Cent ans plus tard, des centaines d'événements à travers le pays rendaient hommage au "sacrifice extraordinaire d'une génération", selon les mots employés par David Cameron.

La Première Guerre mondiale a "bouleversé notre monde en profondeur". "Presque chaque famille britannique a été concernée... près d'un million de vies britanniques ont été perdues dans cette guerre", a rappelé le Premier ministre.

M. Cameron était lundi matin à Glasgow pour assister, en compagnie du Prince Charles, à une cérémonie dans la cathédrale. Avant de se rendre en Belgique, où les représentants de plus de 80 pays avaient rendez-vous, pour se recueillir dans le petit cimetière militaire de Saint-Symphorien.

Il devait y retrouver le prince William et son épouse Kate, alors que la reine Elizabeth II assistait à une cérémonie en Ecosse, près du château de Balmoral où elle a l'habitude de passer ses étés.

"Il est important de commémorer le début de la guerre car même si le nombre de vies gâchées et perdues est énorme, il y aussi une cause qui a réuni tous ces jeunes gens, voulant que l'Europe ne soit pas dominée par une unique puissance et qu'un petit pays comme la Belgique ne soit pas rayé de la carte", a encore souligné David Cameron.

Partout au Royaume-Uni, le grand public était invité à participer à l'initiative "Lights out" consistant à éteindre les lumières et allumer une bougie pendant une heure, jusqu'à 23h00 locales (minuit HB), l'heure à laquelle la guerre fut officiellement déclaré en 1914.

La campagne a été inspirée par les propos célèbres du ministre britannique des Affaires étrangères de l'époque, Sir Edward Grey, qui disait à la veille de l'entrée en guerre du Royaume-Uni: "les lumières s'éteignent dans toute l'Europe, nous ne les reverrons plus s'allumer de notre vivant".

Des bâtiments publics, des églises, des monuments aux morts ou encore des théâtres en fin de représentation devaient être plongés symboliquement dans l'obscurité.

Une veillée aux chandelles était également prévue dans l'abbaye de Westminster en présence notamment de Camilla, l'épouse du prince Charles, alors qu'une lanterne devait s'allumer devant le 10, Downing Street, par ailleurs tous feux éteints.

Dans la matinée, les Londoniens pouvaient suivre une parade d'une quarantaine de voitures de l'époque au départ de Chelsea et passant devant le Parlement, Buckingham Place ainsi que le quartier ministériel avant de finir devant le Musée Impérial de la Guerre.

Installation particulièrement impressionnante devant être dévoilée mardi, des centaines de milliers de coquelicots, un pour chaque soldat de l'empire britannique tombé, vont se déverser d'une fenêtre de la Tour de Londres pour s'étaler telle une rivière pourpre devant les murs de l'ancienne forteresse.

Le dernier "poppy", fleur associée au souvenir des combattants dans les pays du Commonwealth, sera symboliquement planté le 11 novembre prochain, jour de l'armistice en 1918.

David Cameron: "Nous n'oublierons jamais, nous nous souviendrons toujours d'eux"

Dans son discours lors de la cérémonie du souvenir, lundi soir, au cimetière de Saint-Symphorien, le Premier Ministre britannique David Cameron a souligné la cruauté de la Première Guerre mondiale et le souvenir indélébile des soldats tombés au front.

"Nous n'oublierons jamais, nous nous souviendrons toujours d'eux", a indiqué David Cameron lundi au cimetière de Saint-Symphorien. "Toutes les guerres sont cruelles mais celle de 14-18 l'a été particulièrement, touchant et brisant des millions de vies. Tous ces hommes se sont battus pour préserver le démocratie et la liberté. Nous ne pouvons les oublier, ces vétérans qui n'ont plus jamais été les mêmes, nous pensons à ces mariages qui n'ont jamais eu lieu, à ces bébés qui ne sont jamais nés."

De nombreuses personnalités ont assisté à la cérémonie privée organisée lundi soir au cimetière militaire de Saint-Symphorien. On a notamment noté la présence, aux côtés du roi Philippe et de la reine Mathilde, du duc et la duchesse de Cambridge William et Kate, du prince Harry de Galles, du Premier ministre britannique David Cameron, du Premier ministre belge Elio Di Rupo, du président allemand Joachim Gauck, du président irlandais Michael D. Higgins, du vice-président de la commission des tombes du Commonwealth, Sir Joe French, du ministre canadien des Anciens combattants Julian Fantino et du secrétaire d'Etat aux Anciens combattants du ministère de la Défense française, Kader Arif.

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