Elio Di Rupo : " Joëlle Milquet agace parce qu'elle voit clair "

31/05/11 à 13:04 - Mise à jour à 13:04

Source: Le Vif

Entre Elio Di Rupo et Joëlle Milquet, une complicité s'est développée au fil des ans. Le président du PS livre ici son point de vue sur les critiques dont son alter ego centriste fait l'objet en Flandre.

Elio Di Rupo : " Joëlle Milquet agace parce qu'elle voit clair "

© Image Globe / HERWIG VERGULT

Le Vif/L'Express : Vous êtes devenu président de parti la même année que Joëlle Milquet, en 1999. Quel regard portez-vous sur elle ?

Elio Di Rupo : Je la connais très bien, le temps passé à travailler ensemble doit se chiffrer en milliers d'heures. Souvent, nous ne sommes pas d'accord, car elle défend évidemment les intérêts du CDH et de toutes les associations qui gravitent autour. Mais, en tant que femme, avec son honnêteté intellectuelle, sa correction, c'est vraiment une grande dame. En réalité, Joëlle Milquet agace parce qu'elle voit très, très clair dans le jeu et les stratégies des autres. Elle voit certainement plus clair que certains. Comme elle est hyper-active, elle propose sans arrêt des solutions. Certains trouvent ça agaçant. La chute du gouvernement, les élections anticipées, les négociations... Les treize derniers mois n'ont pas été simples. Eh bien, elle a toujours gardé une approche positive.

Pour quelle raison est-elle si critiquée en Flandre, à votre avis ? C'est totalement injustifié ! Si elle défend certains points avec autant d'âpreté, c'est qu'il y a souvent un vrai danger si elle devait lâcher.

Mais pourquoi tant d'hostilité à son égard ? Laurette Onkelinx, Charles Michel, Jean-Michel Javaux ou vous-même ne suscitent pas la même animosité dans le nord du pays.

En fait, on lui reproche toujours 2007. Parce que, cet été-là, elle a résisté à ce qui était inacceptable. Bien entendu, à l'aune de ce qu'on voit aujourd'hui, certains disent : à ce moment-là, on aurait pu... C'est oublier qu'il faut toujours juger en tenant compte des données du moment. En 2007, quasi seule contre tous, elle a résisté à ce qui était inacceptable. La rancoeur à son égard, alimentée de divers côtés, vient de là. Chaque fois qu'elle est un peu plus stricte sur une position, on reprend cette caricature injuste de "Madame Non".

ENTRETIEN : F.B.

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