Eglise catholique : 350 plaintes pour abus sexuels

20/05/10 à 14:21 - Mise à jour à 14:20

Source: Le Vif

Le flot ne se tarit pas. Depuis la démission forcée de l'évêque de Bruges, 350 plaintes sont déjà parvenues à la commission chargée des dossiers d'abus sexuels commis par des prêtres ou des religieux. Rencontre exclusive avec son président, le pédopsychiatre Peter Adriaenssens (KU Leuven), qui promet un rapport complet pour septembre prochain.

Eglise catholique : 350 plaintes pour abus sexuels

© Belga

Le Vif.be : Votre commission continue à recevoir des lettres, des e-mails et des appels de victimes d'abus sexuels commis par des prêtres ou des religieux. Combien à ce jour ?

Peter Adriaenssens : En un mois à peine depuis la démission de l'évêque de Bruges, le 23 avril dernier, 350 plaintes pour abus sexuels commis par les ecclésiastiques nous ont été adressées. Elles proviennent à 95 % de Flandre. Seuls 14 dossiers concernent la partie francophone du pays. Tous les diocèses du nord du pays sont touchés, à parts à peu près égales.

Certaines plaintes se rapportent-elles à des faits commis ces dernières années ?

Oui, mais seulement dix, que nous avons réorientées vers la Justice, car elles portent sur des faits qui ne sont pas encore prescrits. Nous nous occupons des 350 autres. Pour rappel, notre commission ne traite que les plaintes pour des faits pour lesquels il y a prescription, c'est-à-dire dix ans après la majorité de la victime. Autres chiffres significatifs : un tiers des prêtres pédophiles concernés par les plaintes sont décédés. Un autre tiers de religieux, même âgés, exercent encore des fonctions dans l'Eglise, fût-ce comme aumôniers dans une maison de retraite.

Comment expliquez-vous que les plaintes proviennent en très large majorité de Flandre ?

Je n'ai pas d'explication. Je ne vois pas pourquoi la frontière linguistique expliquerait cet écart.

Dans quel délai allez-vous donner une réponse aux plaintes ?

D'ici une quinzaine de jours, nous aurons répondu au courrier. Mon défi est d'achever le travail de la commission dans quatre mois, courant septembre. Nous devons tout faire pour donner des réponses très claires à la société et à l'Eglise dans un délai assez bref. Nous tenterons d'expliquer comment de telles horreurs ont pu se produire. Nous aurons également des éléments à formuler sur les responsabilités, le poids de la hiérarchie et la prévention de tels actes.

Entretien: Olivier Rogeau et Marie-Cécile Royen

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