Effort climatique: "Un veto wallon? Michel ment comme il respire", selon Magnette

03/12/15 à 16:39 - Mise à jour à 18:36

Source: Belga

Le Premier ministre Charles Michel a indiqué jeudi à la Chambre que c'est le gouvernement wallon qui, dimanche soir, a repoussé la dernière proposition sur la répartition de l'effort climatique entre entités du pays. "Il ment comme il respire", a aussitôt réagi le ministre-président wallon Paul Magnette à l'agence Belga

Effort climatique: "Un veto wallon? Michel ment comme il respire", selon Magnette

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D'après le Premier ministre, interrogé à la Chambre, les négociations sont dans la dernière ligne droite après de nombreux échecs six années durant, et notamment sous l'égide de "Jean-Marc Nollet, ministre wallon de l'Energie". Beaucoup a été fait ces dernières heures pour rapprocher les points de vue mais "il y a eu une proposition refusée par le gouvernement wallon dimanche soir, ensuite par le gouvernement flamand lundi soir", ce sont "les faits", a-t-il dit.

"Quand j'entends cela, je suis furieux, hors de moi. Charles Michel ment comme il respire. Je peux fournir toutes les preuves et je le mets au défi, lui, de prouver ce qu'il avance. Je suis hors de moi et ceci ne va pas aider", a réagi Paul Magnette. Ce dernier a dit avoir suggéré de manière constructive dès dimanche soir à Charles Michel de solder la discussion en renvoyant à une évaluation en 2017, vu les délais impartis. De nombreux échanges ont encore eu lieu avec Geert Bourgeois et une proposition a été formulée lundi matin à la cheffe de cabinet de la ministre fédérale de l'Energie Marie Christine Marghem. "Sans nouvelle du fédéral, nous avons alors appris que Mme Marghem était dessaisie du dossier", a poursuivi M. Magnette.

"Vous réécrivez l'histoire, vous vous êtes fait mettre tout nu par la N-VA", avait déjà indiqué à la Chambre la cheffe de groupe cdH Catherine Fonck qui interrogeait le Premier ministre à la Chambre. "Votre problème, c'est votre majorité qui n'est pas entièrement derrière vous", avait constaté Olivier Maingain (DéFI), Karin Temmerman (sp.a) évoquant une réponse "à pleurer" du Premier ministre. "Heureusement que le ridicule ne tue pas", selon Daniel Sensael (PS).

Charles Michel a par ailleurs appelé à faire une distinction entre les négociations intrabelges et la position de la Belgique défendue à la COP 21 à Paris à l'égard de laquelle "il n'est pas juste de dire qu'elle est ridicule". M. Michel a notamment une nouvelle fois suggéré que la remise d'un prix fossile par les ONG à la Belgique pour la qualité de sa politique climatique a été orchestrée, alors qu'un proche du sp.a en est à l'initiative.

Mais pour le chef de groupe Ecolo Groen Jean-Marc Nollet, c'est précisément le "manque d'ambition" de la Belgique à Paris qu'il convient de souligner aujourd'hui. Ce dernier a notamment opposé les 50 millions d'euros (contre 95 millions en 2015) de participation belge au financement international de la lutte contre le réchauffement à l'horizon 2020 aux 500 millions d'euros annoncés par la Suède, un pays à la population comparable.

Le député Egbert Lachaert (Open Vld) a dénoncé le "mauvais théâtre" qui s'est joué jeudi au parlement en renvoyant dos à dos le fédéral et les entités fédérées à leurs responsabilités. Au nom de son groupe, il a dit attendre une stratégie énergie à long terme en vue notamment de préparer la sortie du nucléaire.

Charles Michel appelle à "garder son sang-froid"

Le Premier ministre Charles Michel a appelé jeudi soir à "garder son sang-froid dans l'intérêt du climat" après cet échange tendu via dépêches Belga avec le ministre-président wallon Paul Magnette au sujet de la responsabilité du dernier échec dans la négociation sur la répartition de l'effort climatique. Selon le Premier ministre, "avec un peu de bonne volonté, on doit pouvoir trouver un accord au plus tard avant la fin de la COP 21 à Paris".

"J'appelle plus que jamais l'ensemble des représentants des gouvernements respectifs à prendre pleinement leurs responsabilités", a indiqué jeudi soir Charles Michel à l'agence Belga. "Tout est sur la table, le travail technique a eu lieu. Il y a eu de nombreuses propositions et contre-propositions durant ces derniers jours", a-t-il précisé, rappelant l'intérêt de "tous les Wallons et tous les Flamands à trouver un accord entre les différentes entités".

Une réunion a lieu demain matin vendredi entre les différents cabinets ministériels concernés.

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