Effort climatique: pas encore d'accord, soulignent le Fédéral et la Flandre

29/11/15 à 15:41 - Mise à jour à 20:26

Source: Belga

Il n'y a pas encore d'accord sur la répartition intra-belge de l'effort climatique, a indiqué dimanche soir le cabinet de la ministre fédérale de l'Energie Marie-Christine Marghem, soulignant que les différents gouvernements devaient encore être consultés. La Flandre estime elle aussi qu'il n'existe pas encore d'accord.

Effort climatique: pas encore d'accord, soulignent le Fédéral et la Flandre

Marie-Christine Marghem, ministre de l'Energie, de l'Environnement et du Développement durable (MR). © BELGA/Eric Lalmand

Le ministre wallon Paul Furlan avait assuré plus tôt dans la journée que les ministres belges de l'Énergie des gouvernements fédéral et régionaux avaient abouti à "une nouvelle proposition" à formuler à leurs gouvernements respectifs concernant la répartition intra-belge de l'effort climatique.

Interrogé, le cabinet de la ministre bruxelloise Céline Frémault, qui préside la conférence nationale Climat, a confirmé l'existence d'une "proposition de compromis" au bout de 4h30 de réunion entre les ministres, dimanche en matinée.

Mais selon l'une des parties, un accord ne serait même "pas réalisable" à l'intérieur des marges de négociations actuelles des ministres compétents.

Lors du précédent round de négociations, la N-VA avait rejeté une première proposition avancée par les quatre ministres, dont la ministre flamande Joke Schauvliege (CD&V).

Accord ?

"Accord sur climat, la réunion se termine par une proposition à formuler aux différents gouvernements. J'invite chacun à dire clairement oui ou non", a pourtant tweeté le ministre wallon Paul Furlan en début d'après-midi. "Pour la Wallonie, la négociation me paraît acceptable même si des efforts importants ont été consentis. Le défi mérite de se dépasser", a-t-il ajouté sur le réseau social.

Cette proposition de compromis, dont les termes n'ont pas été dévoilés, doit porter sur la répartition de la réduction de 15% des émissions belges de gaz à effet de serre en 2020 par rapport à 2005, la production de 13% d'énergie renouvelable en 2020, la répartition des revenus de mise aux enchères des quotas de CO2 et le financement climatique international que la Belgique annoncera au sommet de Paris.

Cette proposition doit maintenant passer le cap des différents gouvernements. Il y a quelques semaines, un premier pré-accord avait été recalé par la N-VA (suivie par l'Open Vld), ce qui avait entraîné les refus des gouvernements fédéral et flamand, alors que les gouvernements bruxellois et wallon l'avaient approuvé.

La N-VA critiquait le compromis défendu par la ministre flamande de l'Environnement, Joke Schauvliege (CD&V), au motif que cette dernière avait outrepassé son mandat de négociations, notamment en ne récoltant pas suffisamment de revenus de la mise aux enchères des quotas de CO2, ainsi que sur l'effort wallon en production d'énergie renouvelable, jugé insuffisant.

En outre, la Commission européenne avait refusé de comptabiliser les mécanismes de turbines du site de Coo ainsi que les interconnexions pour faire monter la part de l'effort fédéral en renouvelable de 2 à 2,75%, ce qui a conforté le refus du fédéral et de la Flandre.

Le ministre Furlan, de son côté, avait rapidement rappelé que la Wallonie disposait d'une marge de 1,5% de production d'énergie renouvelable à valoriser auprès des autres entités pour débloquer le dossier, un élément qui a pu jouer dans les négociations, parmi d'autres, selon une source proche du dossier.

Le départ lundi du Premier ministre Charles Michel pour la conférence de Paris, sans accord intra-belge sous le bras, aurait en outre fait mauvais effet, commentait une autre source durant le week-end.

"Les Belges et les Européens ont toujours été au rendez-vous pour la plus grande ambition, par rapport au reste du monde, en matière climatique", avait d'ailleurs affirmé M. Michel dimanche midi à la RTBF, disant s'attendre à un accord ministériel sur lequel s'est aussi impliquée la ministre Marie-Christine Marghem.

Un accord formel des quatre gouvernements est désormais attendu avant lundi soir. La ministre flamande Joke Schauvliege (CD&V), refroidie par le désaveu dont elle a été victime de la part de la N-VA, invite à la prudence. Interrogé par Belga, son cabinet a ainsi jugé "quelque peu optimiste" le tweet de son homologue wallon Paul Furlan.

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