Ecolo met l'école au coeur de sa campagne électorale

22/02/14 à 14:31 - Mise à jour à 14:31

Source: Le Vif

Le parti Ecolo a placé samedi à Namur l'enseignement au centre de sa campagne pour les élections du 25 mai prochain en consacrant son seul congrès politique à l'école, pour laquelle les Verts formulent une trentaine de propositions concrètes.

Ecolo met l'école au coeur de sa campagne électorale

© Image Globe

"Nous, écologistes, nous avons de l'ambition pour l'école! L'ambition de mobiliser, autour d'elle et avec elle, les moyens pour qu'elle puisse tenir ses promesses", a scandé la co-présidente d'Ecolo Emily Hoyos devant quelque 400 mandataires et militants écologistes réunis au palais des congrès de Namur.

Face à l'échec scolaire massif en Fédération Wallonie-Bruxelles, face aux inégalités sociales que reproduit encore et toujours l'école, face aussi au boom démographique, et face enfin à la pénurie grandissante des enseignants, la co-présidente des Verts estime que la société ne peut se permettre "cinq années de politique éducative en mode mineur".

Sans disqualifier totalement la méthode pratiquée au cours de la dernière législature par les ministres successives de l'Enseignement obligatoire (les cdH Marie-Dominique Simonet, puis Marie-Martine Schyns) consistant à susciter des "projets-pilotes" dans les écoles et à les généraliser en cas de succès, Ecolo estime toutefois celle-ci insuffisante, "trop lente, trop molle", pour répondre aux nombreux défis actuels.

Face à cette urgence, Ecolo propose dès lors une "nouvelle méthode" --qui allierait les différents acteurs du monde de l'enseignement, les parents, les interlocuteurs sociaux, mais aussi les acteurs culturels, le monde du travail-- pour former une "alliance pour l'école" autour de quatre engagements.

Le premier viserait à stimuler l'intérêt et l'émancipation de l'enfant par l'élaboration d'un véritable tronc commun jusqu'à l'âge de 14 ans où le jeune aurait l'occasion d'engranger des acquis théoriques, mais aussi de s'essayer aux matières plus techniques, voire manuelles, mais aussi à la culture ou aux sports.

Afin de (re)motiver les enseignants, les Verts proposent d'améliorer leur formation préalable et continuée, mais aussi de mieux les soutenir les jeunes profs qui débutent. "Le plus beau métier du monde n'est pas le plus facile. Il faut donc être à côté de nos enseignants", a notamment relevé Emily Hoyos. Le parti aimerait en outre attirer à l'avenir des professionnels extérieur à l'école pour former les jeunes.

Face au boom démographique à l'oeuvre en Fédération Wallonie-Bruxelles, Ecolo entend par ailleurs poursuivre l'effort financier pour la création de nouvelles places scolaires.

Même si les contraintes budgétaires qui pèsent sur l'ensemble des entités du pays vont aller crescendo dans les années à venir, le parti écologiste a défendu samedi la "préservation" des moyens budgétaires consacrés à l'école."L'enseignement ne peut être une variable d'ajustement budgétaire. S'il nedevait y avoir qu'un euro, il serait pour l'école. Car investir dans l'école, c'est investir dans l'avenir de notre jeunesse. N'asséchons pas la source de notre avenir!", a conclu samedi la co-présidente des Verts sous les applaudissements de l'assemblée.

Parmi la trentaine de propositions avancées samedi par les Verts autour de l'école, on relèvera notamment l'abaissement de l'obligation scolaire à 3 ans (contre 6 aujourd'hui), un effort particulier pour assurer une meilleure maîtrise du français pour les jeunes dans les grandes villes, l'introduction de cours de philosophie et de citoyenneté à l'école, ainsi que l'apprentissage précoce des langues étrangères et des nouvelles technologies de l'information et de la communication. Ecolo entend aussi soulager les directeurs d'école de leurs tâches administratives et mieux les soutenir dans la coordination de leurs équipes pédagogiques, et défend une politique globale de réduction des frais scolaires à charge des parents.

Enfin, les écologistes entendent revaloriser l'enseignement qualifiant (technique et professionnel) à Bruxelles et en Wallonie et le réorienter vers les "nouveaux métiers" et les "métiers verts". Les jeunes suivant ces filières devraient d'ailleurs bénéficier d'un plus grand nombre de stages professionnels pour les aider à décrocher un emploi à la fin de leurs études, estiment ceux-ci.

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