Echauffourées au SPF Justice: ce qui s'est vraiment passé (VIDEO)

17/05/16 à 17:09 - Mise à jour à 17:08

Source: Belga

Un millier de gardiens de prison et de militants syndicaux, issus de l'ensemble du secteur public, ont manifesté bruyamment mardi matin devant le siège du MR puis devant le SPF Justice à Bruxelles. Plusieurs activistes sont parvenus à forcer l'entrée du SPF Justice, obligeant la police à intervenir avec du gaz lacrymogène. Les derniers manifestants ont quitté les lieux vers 12h30, après avoir brièvement filtré les automobilistes au niveau du tunnel Porte de Hal.

Echauffourées au SPF Justice: ce qui s'est vraiment passé (VIDEO)

© BELGA

Vêtus pour la plupart de vestes aux couleurs de la CSC Services publics et de la CGSP AMiO, les manifestants étaient environ un millier, d'après la police. D'abord rassemblés avant 10h00 devant le siège du MR avenue de la Toison d'Or à Bruxelles, ils ont fait un maximum de bruit, lançant des pétards et sifflant la manière dont le gouvernement fédéral réagit à la grève qui affecte les prisons bruxelloises et wallonnes depuis plus de trois semaines.

La façade du bâtiment a été la cible de jets d'oeufs quasi continus. "Nous voulons juste garder nos acquis", pouvait-on lire sur l'un des calicots. "Prisons: au finish" et "Nous sommes d'accord avec Monsieur Koen Geens: c'est un métier pénible", proclamaient d'autres banderoles.

"Le gouvernement attend que le mouvement s'essouffle en prenant des risques démesurés. La situation est grave, à tel point que d'autres secteurs sont ici présents pour témoigner leur solidarité", a affirmé devant la foule Laurence Clamar, secrétaire permanente de la CSC Services publics. "La sécurité n'est plus assurée à cause du manque de personnel. Une caméra ne remplacera jamais un agent. Le ministre de la Justice ne nous propose aucune solution à court terme. On doit chaque fois bricoler", a raconté sur place un gardien de la prison de Lantin à l'agence Belga.


Bruxelles: la manifestation musclée des... par Le_Soir

Vers 10h30, les manifestants se sont déplacés comme prévu jusqu'au SPF Justice, situé 300 mètres plus bas, boulevard de Waterloo. A force de tambouriner sur la porte d'entrée, quelques personnes sont parvenues à en briser la vitre et à forcer l'ouverture. Une grande partie des manifestants s'est alors engouffrée dans le bâtiment. Certains ont saccagé l'accueil. Des bureaux ont été renversés et un écran de télévision notamment a été détruit. Des policiers, entrés par une autre porte, sont parvenus à déloger les militants en colère après une vingtaine de minutes. Ils ont fait usage de gaz lacrymogène.

Barrage filtrant à la Porte de Hal

Parmi les manifestants, plusieurs ont exprimé leur désapprobation à l'égard des débordements. "C'est quand même avec notre argent qu'il faudra réparer le matériel cassé. Le personnel du SPF Justice n'est pas responsable de la situation dans les prisons", pouvait-on par exemple entendre dans les conversations.

Après un moment de flottement, la plupart des manifestants sont remontés vers le siège du MR, où la police leur a barré le passage. Vers midi, une dizaine d'entre eux ont improvisé un barrage filtrant au niveau du tunnel Porte de Hal, avec l'aide de quelques agents de police. Ils ont fait patienter tant les automobilistes qui sortaient du tunnel en direction de Louise que ceux qui souhaitaient y entrer, vers la gare du Midi. Ils ont levé le dispositif 20 minutes plus tard, quittant progressivement les lieux en directions variées.

Malgré les débordements, la police locale Midi indique n'avoir dû procéder à aucune arrestation. Une nouvelle rencontre entre la délégation d'agents pénitentiaires et le ministre de la Justice, Koen Geens, est prévue à 16h00. Mais ce dernier, qui a exprimé sa "profonde indignation" après les incidents au SPF Justice, a indiqué être "plus décidé que jamais à mener la réforme pénitentiaire qu'il a promise". Les agents pénitentiaires francophones sont en grève depuis le 25 avril à 22h00. Ils réclament principalement le retour au cadre de personnel en vigueur en 2014 et la suppression du plan de rationalisation. Ils demandent aussi que leur statut tienne compte de la pénibilité de leur travail.

En savoir plus sur:

Nos partenaires