Duferco La Louvière : une poursuite des activités menaçait la possibilité d'un plan social "à la belge"

27/03/13 à 19:10 - Mise à jour à 19:10

Source: Le Vif

Une poursuite des activités sur le site sidérurgique de Duferco La Louvière, lourdement déficitaire, risquait de ne pas permettre au groupe de financer un plan social acceptable pour les travailleurs, a expliqué mercredi au cours d'une conférence de presse le président de Duferco Belgium, Antonio Gozzi.

Duferco La Louvière : une poursuite des activités menaçait la possibilité d'un plan social "à la belge"

© Image Globe

Après une année 2012 "catastrophique" marquée par des pertes globales de plus de 40 millions d'euros, Duferco La Louvière, usine disposant d'un four électrique et spécialisée dans les produits longs (billettes, etc.), a continué à perdre de l'argent ces derniers mois. "Entre fin octobre et aujourd'hui, l'entreprise a encore perdu 10 millions d'euros de cash. Si on continuait à perdre de l'argent à ce rythme, un plan social à la belge n'aurait sans doute pas été possible", a justifié M. Gozzi. "On perdait moins d'argent à payer les gens à rester à la maison qu'à produire. C'est paradoxal, mais c'est comme ça".

Pour tenter de redresser la situation, la direction avait établi un plan de survie "draconien" sur trois ans prévoyant une forte réduction des effectifs et une réduction de 20% du coût du travail. "Si on essayait de mettre en place le plan de survie, toutes les ressources financières disponibles étaient consacrées à éponger les dettes et aux investissements. En cas d'échec, on n'aurait pas été capable de garantir un plan social", a encore expliqué le président de Duferco Belgium.

Les travailleurs, réunis en assemblées générales mercredi, se sont donc résolus à acter la fermeture de l'entreprise, à une majorité d'environ 65% parmi les ouvriers, à l'unanimité pour les employés. "Un choix entre la peste et le choléra", a reconnu M. Gozzi.

Sur les quelque 380 travailleurs concernés par la fermeture du site de La Louvière, environ un tiers entre en ligne de compte pour une prépension à partir de 52 ans. Des primes de départ sont également prévues en fonction de l'âge et de l'ancienneté des travailleurs. "Les primes de départ sont plus importantes pour les personnes les plus âgées, entre 40 et 50 ans, car ce sont les personnes les plus lésées et les plus difficiles à reclasser", a précisé M. Gozzi. "Nous faisons un effort très, très important", a-t-il ajouté, sans vouloir dévoiler le montant des primes prévues. Au total, Duferco Belgium consacrera une enveloppe de 65 millions d'euros à ce plan social.

Duferco s'est également engagé à maintenir l'usine de La Louvière en état "pendant quelques années", au cas où un repreneur se présenterait. Comme pour Carsid, le groupe est prêt à céder l'outil pour un euro symbolique. "Aujourd'hui, il n'y a pas de repreneur. Mais la sidérurgie est cyclique. On devrait au moins attendre le prochain cycle positif de l'acier", a souligné le président de Duferco Belgium, tout en avouant "ne pas être optimiste pour 2013 et même 2014". Il estime en effet que la crise conjoncturelle de l'acier s'ajoute à une crise structurelle sur le Vieux Continent. "En Europe, il y a pour 200 millions de tonnes de production d'acier installée. Or, depuis 2009, soit cinq ans, la demande européenne n'a pas dépassé 150 millions de tonnes", a-t-il conclu, évoquant la pire crise de sa carrière de sidérurgiste.

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