DROIT DE REPONSE

01/07/16 à 08:53 - Mise à jour à 08:52

Source: Le Vif/l'express

L'article intitulé : "Que se passe-t-il à l'IFCAD ?", publié dans le numéro 24 du Vif/L'Express, du 17 juin 2016, et sur levif.be le même jour, est manifestement dirigé contre Michel LEGRAND, dans sa double qualité de président du GERFA et d'administrateur délégué de l'IFCAD. Le GERFA ASBL et l'IFCAD ASBL sont également concernés directement sur de nombreux points.

Cet article appelle les observations et explications reprises ci-après, sous la forme d'un droit de réponse.

I. En ce qui concerne l'IFCAD

1. L'historique de l'IFCAD

L'article n'est pas clair sur ce point. L'école privée non subsidiée existe depuis 1965 et offre des formations à destination de l'Afrique francophone (Cameroun, Gabon, Togo, Congo-Brazza, Congo Kinshasa, Burundi, Rwanda, Côte d'Ivoire, Sénégal, Mali, République malgache, etc. ).

L'école de langues a été créée plus tard (en '71) et s'est greffée sur l'ASBL existante.

Il y a donc bien deux écoles distinctes, coiffées par une ASBL unique.

2. La question des diplômes

L'article s'étonne que les diplômes portant les intitulés "bachelier en entreprises", "maitrise en projet" et "maitrise en administration publique" ne soient pas reconnus par la commission de titres de la Communauté française.

En l'espèce, le but n'est effectivement d'obtenir reconnaissance d'un organisme qui ne connait d'ailleurs pas les exigences de développement endogène et n'apporte rien à une formation visant les cadres de pays en voie de développement. Pour des étudiants qui retournent dans leur pays d'origine, on peut douter de l'utilité de la reconnaissance du diplôme en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Enfin, le principe de la liberté d'enseignement laisse par ailleurs toute faculté d'organiser des formations donnant accès au titre de bachelier ou de maitrise.

A noter que la formation "maitrise en administration publique" organisée par l'IFCAD est reconnue dans tous les pays africains francophones et permet l'accès au grade d'administrateur ou de directeur pour les attachés et au niveau A pour les autres fonctions. Plusieurs dizaines de fonctionnaires du Congo-Brazza ont obtenu notre diplôme, assument maintenant des responsabilités de direction dans leur pays et l'IFCAD est fier d'avoir pu former de tels cadres et contribuer à la professionnalisation de la Fonction publique de ce pays.

3. En ce qui concerne la gestion et le bien-être du personnel

a) Départs de professeurs

En ce qui concerne ce point, l'article indique qu'en six ans, plus d'une vingtaine d'enseignants ont quitté l'établissement. La réalité est toute autre.

Pendant cette période, douze professeurs ont quitté l'établissement ; parmi eux :

-deux ne disposaient pas du titre requis et n'ont ainsi pu être retenus pour des prestations

d'enseignement,

-quatre ont été admis à la retraite,

-deux sont partis à l'étranger,

-un a été promu à l'ULB,

-trois d'entre eux seulement sont partis par choix personnel.

L'affirmation de l'article selon laquelle "en six ans, plus d'une vingtaine d'enseignants ont quitté l'établissement" était ainsi totalement incorrecte.

b) Absence de harcèlement moral

En ce qui concerne les allégations de harcèlement moral, une enseignante a porté plainte en 2011 contre la directrice et a introduit deux actions judiciaires.

Dans son arrêt du 6 décembre 2012, la Cour du travail de Bruxelles a débouté l'enseignante.

Dans un dernier jugement du 9 mai 2016, le tribunal du travail francophone a rejeté tous les nouveaux griefs de l'enseignante.

Les deux décisions de justice ont été remises à votre journaliste et sont particulièrement claires.

c) Une gestion calamiteuse des ressources humaines ?

L'article en fait mention sans apporter le moindre élément de fait.

Dès qu'il y a eu demandes et critiques, il y a quelques semaines, émanant de certains professeurs, et, surtout, de leur syndicat, un code de bonnes pratiques a été discuté et est entré en vigueur le 20 mai dans les termes repris ci-après :

A la suite de ses réunions du 16 mars 2016 et du 18 mai 2016 et à la suite des auditions du 16 mars, le PO a établi le code de BONNES PRATIQUES suivant.

Ce code doit être impérativement respecté par TOUS les membres de la communauté éducative.

I. Horaires, locaux, inscriptions

  1. 1. Les horaires et attributions des chargés de cours doivent être soigneusement établis avec l'aide et/ou la supervision soit de la sous-direction, soit d'un surveillant-éducateur, en tenant compte des possibilités d'occupation des locaux, du nombre d'étudiants et des désidératas légitimes des chargés de cours. La notion de légitimité doit être fixée conjointement par la direction et l'ensemble du personnel chargé de cours. 2. Les horaires seront établis au plus tard pour le 1er lundi qui suit le 15 août.3. L'accès au cours ne pouvant être donné qu'à la personne entièrement en ordre sur le plan administratif et pédagogique, les noms des personnes incomplètement inscrites ne peuvent figurer sur les listes de présence. 4. Les inscriptions ne peuvent pas dépasser les limites concrètes des possibilités matérielles d'accueil. Des listes d'attente peuvent/doivent être établies. 5. La direction ne peut jamais déroger aux décisions du conseil des professeurs en matière d'évaluation du niveau des élèves.

II. Relations entre la direction et les chargés de cours.

  1. 1. La direction doit en toutes circonstances se montrer soucieuse d'impartialité, de justice et de courtoisie à l'égard des chargés de cours. Elle doit bannir tout favoritisme et tout jugement de valeur portant sur la personne du chargé de cours / de la chargée de cours.2. Les membres du personnel, comme le prévoient le RT et le décret du 1er février 1993, doivent faire preuve de courtoisie envers les membres du PO, de la direction, de l'équipe administrative et de leurs collègues. 3. La direction n'a pas d'autre mission à l'égard du Pouvoir organisateur que celle qui est fixée dans la lettre de mission. À l'égard des chargés de cours, la direction a le rôle majeur d'harmoniser les éléments qui constituent la vie scolaire et d'apporter les solutions là où les problèmes se posent. Elle ne peut y aboutir qu'en écoutant attentivement les remarques, suggestions et avis des chargés de cours.

Ce code de bonnes pratiques entre en vigueur ce 20 mai

On ne peut décemment parler d'une gestion calamiteuse. Au contraire, l'administration de l'école est soucieuse des relations humaines et rappelle constamment les obligations déontologiques des enseignants, de la direction et des membres de l'équipe administrative.

Rappelons également que nous en avons parlé à la journaliste qui l'a cependant omis dans son article.

A noter que l'administrateur délégué ne gère pas directement le personnel de l'école subventionnée.

d) En ce qui concerne les anciennetés

L'article fait grand cas du fait qu'un enseignant aurait accumulé 540 jours sur une année. Dans l'enseignement de promotion sociale, les périodes prestées dans l'inférieur et les périodes prestées dans le supérieur sont comptabilisées séparément. L'enseignant peut donc avoir accumulé 360 jours dans le supérieur et 180 jours dans l'inférieur si son horaire est partagé entre les deux niveaux. En application de l'article 29 ter du décret du 1er février 1993, ces jours pris en considération ne sont donc pas spécialement des jours prestés. . La journaliste a donc fait une mauvaise lecture du tableau qu'elle a consulté !

4. En ce qui concerne l'expansion de l'IFCAD (promotion sociale)

Un tableau précis arrêté en juin 2016 reprenant le taux d'expansion de 2009 à 2016 a été remis à votre journaliste. Elle n'en retient qu'un élément, le nombre d'étudiants, sans l'expliquer. Il est repris ci-dessous pour démontrer le travail accompli par la directrice qui a permis une croissance soutenue de l'école, au bénéfice de tous et signe de reconnaissance d'un travail pédagogique important mené par toute l'équipe de l'IFCAD.

(1) Membres du personnel

(2) Heures de cours subventionnées directement

(3) Heures de cours subventionnées en convention

Par ailleurs, l'article indique que l'IFCAD a conclu des centaines de conventions avec Bruxelles-Formation. A nouveau, cette affirmation ne correspond pas à la réalité : nous avons conclu 21 conventions dont 17 avec Bruxelles-Formation, deux avec ACTIRIS, une avec FORMAPEF et une avec l'Institut de promotion sociale Evere/Laeken.

Par ailleurs, l'Institut a également reçu des périodes pour la formation des migrants.

Enfin, grâce à l'expertise accumulée en développement, l'école a pu ouvrir en 2015 un nouveau bachelier en coopération internationale reconnu par la Communauté française.

Le travail de la directrice en réalité a été efficace et très utile malgré les critiques ou les ragots dont elle est victime.

5. En ce qui concerne l'enquête

Contrairement à ce que votre journaliste affirme, nous lui avions bien indiqué que nous étions au courant de l'enquête et que deux inspecteurs se sont rendus à l'IFCAD. A noter que nous avions dû faire face à une enquête similaire en 2012, déjà basée sur les mêmes rumeurs et allégations non fondées, enquête qui avait conclu à l'absence de charge.

Manifestement, ces enquêtes interviendraient à la demande de la CGSP, laquelle semble profiter de certaines relations au Ministère de la Communauté française pour tenter de ternir notre réputation. Le syndicat semble surtout déplorer notre indépendance dans l'évaluation des enseignants et le fait que nos procédures de recrutement ne sont pas basées sur la proximité politique ou syndicale...

Ceci étant, puisqu'enquête il y a, nous nous y soumettons de bonne grâce et ne la craignons pas.

6. En ce qui concerne la comptabilité

TOUS les comptes sont tenus par un comptable extérieur, sont audités par notre réviseur, dans la version analytique par section et dans la version consolidée.

L'établissement de la comptabilité, des comptes et du bilan est extrêmement rigoureux.

Ensuite, ces comptes sont approuvés par le Conseil d'administration, puis par l'assemblée générale et déposés à la BNB (Banque nationale de Belgique).

Toutes les écoles respectent-elles cette procédure ?

Il n'y a donc aucune opacité des comptes, comme l'indique à tort l'article.

7. En ce qui concerne les subventions publiques

L'IFCAD reçoit de fait des subventions publiques qui sont intégralement affectées à la section subventionnée. Ces subventions publiques sont inférieures aux besoins de l'école qui doit faire appel à ses recettes propres. Lors de l'enquête de 2012, nous avons démontré point par point l'utilisation des subventions publiques.

8. Le labo de langues et le labo informatique

Depuis 2002, la section "cadres" dispose d'un labo informatique payé au moyen de ses seules recettes. Moyennant certaines conditions d'accès et de surveillance, les étudiants et professeurs de la section langues y ont accès.

A la demande des professeurs, le labo de langues, qui était obsolète, a été démantelé en 2015 et converti en auditoire ordinaire à la disposition exclusive de cette section.

Il n'est pas conforme à la réalité de prétendre que le labo de langues aurait été remplacé par le labo informatique. Une simple visite sur place permet de le constater.

9. La secrétaire payée par la Communauté française

L'article indique que la secrétaire de la section "cadres" serait payée par la Communauté française.

A nouveau, cette affirmation (qui sous-entendrait un détournement de subvention ?) n'est nullement fondée.

La secrétaire travaille à mi-temps (en matinée) pour la section d'enseignement subventionnée par la Communauté française.

Elle preste l'autre mi-temps, l'après-midi pour la section cadres, section non subventionnée. Son salaire de l'après-midi est ainsi payé directement par l'école privée et calculé par le Group S, le secrétariat social.

10. La carrière de Michel LEGRAND

Comme nous l'avons indiqué à votre journaliste, Michel LEGRAND est entré à l'IFCAD en '90 pour y donner des cours de droit public.

En 1996, il a repris la direction de l'école qui était en grave difficulté financière et l'a redressée.

Depuis '98, il assume la fonction d'administrateur délégué du conseil d'Administration qui joue également le rôle de Pouvoir organisateur en ce qui concerne la partie subventionnée.

Il n'a jamais assumé la gestion directe de la section subventionnée qui dépend de la directrice. Par contre, il est responsable de tous les paiements.

A souligner que les fonctions de Michel LEGRAND au sein de l'IFCAD et du GERFA sont évidemment différentes et indépendantes l'une de l'autre.

II. En ce qui concerne le GERFA

Il est curieux que l'article de votre journaliste "s'attaque" également au GERFA, structure sans incidence avec l'IFCAD ou les activités de ce dernier....

IL est à craindre que l'article essaie de jeter le trouble et la confusion entre l'IFCAD et le GERFA, par exemple en voulant dénoncer des liens soi-disant ambigus.

Il n'y a rien de secret : Michel LEGRAND est président du GERFA et administrateur délégué de l'IFCAD ; cela ressort clairement des annexes du Moniteur belge.

1. Utilisation de locaux ou matériel pédagogique de l'IFCAD par le GERFA.

Le GERFA dispose de ses propres bâtiments. Il n'y a pas d' "occupation régulière" par le GERFA de locaux de l'IFCAD.

De la même façon, il n'y a pas d'utilisation par le GERFA du matériel de l'IFCAD...

Ces affirmations ne reposent sur aucun élément particulier, et pour cause, et il nous faut les démentir.

2. Autres affirmations relatives au GERFA, sans aucune relation avec l'IFCAD

On s'étonne de lire, en un article consacré à l'IFCAD des telles affirmations relatives au GERFA, affirmations sans relation aucune avec l'IFCAD. Soit...

a) L' "infraction" du GERFA

La journaliste fait grand cas du fait que le GERFA n'aurait pas déposé ses comptes récents au greffe du tribunal de commerce. Qu'on se rassure, cela a été fait : la polémique est sans objet.

b) Les prétendus rejet ou refus du président du GERFA, entre autres de venir s'expliquer devant une Commission de Parlement de la Communauté française...

L'article indique que le président du GERFA affirme être l'objet d'un rejet. Il a été dit que les idées du GERFA étaient rejetées par les appareils des partis dominants, le PS et le CDH.

L'article indique par ailleurs que le président, invité par la Commission de la Fonction publique dans l'affaire du détournement au Centre du Cinéma ne s'y rendra pas !

La Commission de la Fonction publique et du Budget a refusé la demande du MR et d'ECOLO de l'auditionner et a choisi de l'interroger par écrit (information publiée dans plusieurs quotidiens : Sudpresse en ligne du 1er juin, La libre Belgique du 31 mai et L'Avenir du 3 juin). Il n'y a donc pas de refus de se rendre à une invitation non adressée !

c) Refus du président du GERFA à répondre à l'invitation de Guy LUTGEN à propos du cout d'un ministre supplémentaire.

A la suite de l'affirmation du GERFA que la désignation de deux ministres en remplacement d'une seule ne serait pas budgétairement neutre, le GERFA aurait décliné l'invitation du Président du CDH à venir expliquer ses estimations.

L'affirmation n'est pas correcte : le président du GERFA avait demandé des informations précises et ne les a pas obtenues. Il ne pouvait ainsi répondre à des évaluations du Président LUTGEN qui n'étaient pas communiquées...

Dans ces circonstances, un entretien homéopathique se révélait sans utilité.

d) Le remboursement du traitement

La journaliste souligne que le GERFA rembourse le salaire du président, soit en 2008 75.508 euros ! Il est dommage qu'elle oublie de signaler que d'autres syndicats sont dispensés d'un tel remboursement de ses délégués permanents, ce qui constitue une faveur flagrante et injustifiée en faveur de certains... Il faut rappeler également que le GERFA ne bénéficie d'aucune subvention publique directe ou indirecte ; cela lui permet d'être indépendant à 100%, ce qui semble en déranger plus d'un.

Pour terminer, il est regrettable que l'article mette en cause l'IFCAD, tous ses professeurs dévoués appartenant aux deux écoles qui mènent un travail de haut niveau dans l'intérêt des étudiants, le GERFA mais également Michel LEGRAND, dans sa double responsabilité.

Le 30 juin 2016,

Michel LEGRAND

dans sa double qualité de Président du GERFA

et d'Administrateur délégué de l'IFCAD

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