Drivy donne un coup d'accélérateur à la location de voitures entre particuliers en Belgique

30/06/16 à 08:48 - Mise à jour à 08:47

Source: Le Vif

Drivy, c'est un peu l'Airbnb de la location de voitures entre particuliers. La startup concurrence sur nos routes les belges CarAmigo et Tapazz dès ce jeudi.

L'autopartage prend de la vitesse en Belgique. Alors que des sociétés comme DriveNow, Zipcar ou encore Car2go se lancent progressivement dans les rues bruxelloises, Drivy entre lui aussi en piste dès ce jeudi 30 juin dans notre pays. Mais alors que Cambio, ZenCar et ces nouveaux acteurs possèdent leurs propres véhicules, Drivy, lui, n'en possède aucun. La startup propose aux particuliers de se séparer de leur précieux bolide pour une journée ou pour un week-end prolongé en le louant à d'autres sur son site internet. Une assurance couvre le locataire et le propriétaire en cas d'accident durant toute la durée de la location. Drivy peut compter aujourd'hui sur une flotte de 38.000 véhicules en France, en Allemagne, en Espagne, en Autriche et maintenant en Belgique. Au total, elle compte plus d'un million d'utilisateurs.

Environ 1.200 euros de gains par an

La location de voitures entre particuliers est déjà bien ancrée dans notre pays. Deux sociétés belges proposent d'ailleurs le même service que la startup française. CarAmigo, lancé en novembre 2014, compte actuellement 5000 membres et plus de 500 voitures partagées dans toute la Belgique. Lancé en 2014, Tapazz référence 150 véhicules particuliers et une communauté de 1600 membres à Bruxelles, Anvers, Hasselt, Louvain et Gand. Fondé en 2010, Drivy est en pleine ascension. La startup a notamment réalisé une levée de fonds de 31 millions d'euros fin avril pour poursuivre son expansion.

L'autopartage est surtout intéressant en ville. Selon une étude du SPF Économie, 44% des ménages bruxellois ne possèdent pas de voiture. Et les éternels accros à leur "bagnole" ne l'utilisent que 34,5 minutes par jour en moyenne. 97,6% du temps, elle dort au garage. D'où l'idée de la rentabiliser. "Si la voiture est dans un endroit où il y a de la demande, les propriétaires peuvent gagner environ 1.200 euros par an", affirme Paulin Dementhon, CEO de Drivy. Mais ces revenus doivent-ils être déclarés ? Un nouveau cadre fiscal est en préparation en Belgique. Mené par Alexander De Croo, il devrait concerner d'abord les services entre particuliers comme, par exemple, cuisiner pour son voisin. De son côté, CarAmigo a clarifié la situation en concluant un accord avec l'administration fiscale en octobre 2015. Concrètement : les revenus générés sur cette plate-forme ne sont pas considérés comme étant des revenus professionnels. L'accord fixe aussi une série de conditions. Les propriétaires ne peuvent pas louer leur voiture plus de 60 jours et gagner plus de 2.400 euros par an. Ces 2.400 euros sont d'ailleurs taxés. Ils sont considérés comme étant des revenus mobiliers et imposés à la hauteur de 25%. En contre-partie, les propriétaires peuvent profiter d'une déduction fiscale de 15% en considérant ces revenus comme étant des frais forfaitaires ou en les calculant comme des frais réels. Un accord qui pourrait évoluer si le nouveau cadre fiscal s'applique finalement aussi à la location de voitures entre particuliers, selon Alexandre Gaschard, CEO de CarAmigo.

Bastien Pechon

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