Discours royal : les propos de Bart De Wever divisent les autres partis

28/12/12 à 07:12 - Mise à jour à 07:12

Source: Le Vif

Les propos du président de la N-VA, Bart De Wever, sur son souhait d'abolir les pouvoirs du roi, après le discours de Noël du souverain et son avertissement face au danger des "discours populistes", ont provoqué jeudi des réactions contrastées dans les autres partis, principalement au nord du pays.

Discours royal : les propos de Bart De Wever divisent les autres partis

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Le président du sp.a, Bruno Tobback, a jugé que le rôle du roi Albert II dans la formation des gouvernements n'était, selon lui, pas trop important, au contraire de Groen. Le vice-Premier Steven Vanackere (CD&V) a quant à lui affirmé que "l'exagération est une figure de style risquée pour celui qui veut écrire un discours large et rassembleur", dans une allusion à M. De Wever.

M. Tobback a souligné que le souverain avait exprimé un "avertissement très justifié contre le populisme". "L'inquiétude mène à la radicalisation et des partis politiques s'en servent", a ajouté le président des socialistes flamands.

"La crise des années 30 et les réactions populistes de cette époque ne doivent pas être oubliées. On a vu le mal que cela fit à nos démocraties", avait affirmé le souverain, sans toutefois citer le nom d'aucune formation politique actuelle.

M. Tobback a toutefois ajouté qu'il n'aurait pas lui-même utilisé la comparaison avec les années 1930, mais n'estime pas que le roi est allé trop loin. "Regardez ce qui se passe en Hongrie et en Grèce", a-t-il fait valoir.

Le président du CD&V, Wouter Beke, a indiqué qu'il aurait préféré ne pas lire ce passage du discours royal. "Le roi a raison (quand il dit) que dans toute l'Europe et également chez nous, des partis se servent de la crise, mais cette référence (aux années 1930) écarte l'attention (du reste) de son message", a-t-il déclaré à plusieurs quotidiens flamands. "Le CD&V n'en fera pas vraiment un problème, nous ne sommes pas visés", a ajouté son président.

A l'Open Vld, on estime que le monde politique ne doit tout simplement pas se mêler du discours royal. "C'était un discours du chef de l'Etat. La politique de partis ne doit pas s'en saisir", a affirmé la président des libéraux flamands, Gwendolyn Rutten, au journal 'Het Laatste Nieuws'.

M. Tobback a également contesté l'avis du président de la N-VA quand il affirme que le rôle du roi est trop important dans la formation des gouvernements. "L'électeur a le premier mot et le parlement le dernier. Le roi ne décide rien", a-t-il fait valoir.

Les écologistes de Groen ont rappelé qu'ils étaient favorables depuis longtemps à un rôle purement protocolaire de la fonction royale. "La nomination des ministres et des secrétaires d'Etat peut être faite par la Chambre", a indiqué leur chef de groupe, Stefaan Van Hecke. "Mais il faut modifier la Constitution et cela ne sera possible qu'après les élections (législatives) de 2014", a-t-il admis.

Quant au vice-Premier ministre Steven Vanackere, il a donné son opinion sur le réseau social Facebook. "Si on ne sent pas interpellé, on ne doit pas faire un fromage du discours de Noël royal. Si l'on se sent interpellé, cela signifie quelque chose", a-t-il écrit en substance.

Mais M. Vanackere a néanmoins ajouté que "l'exagération est une figure de style risquée pour celui qui veut écrire un discours large et rassembleur".

Du côté francophone, le sénateur et constitutionnaliste Francis Delpérée a dénoncé jeudi les propos du président de la N-VA, qui a critiqué le roi Albert II, lui reprochant d'être sorti de son rôle en agitant la menace de la montée du populisme, et réclamé qu'il ne joue plus aucun rôle politique à l'avenir.

"C'est d'un roi tout nu dont il (M. De Wever) rêve", a-t-il affirmé à l'agence BELGA, soulignant que le président des nationalistes flamands voulait enlever au souverain toutes ses fonctions.

Quant au petit Parti Populaire, qui se dit "attaché à la fonction royale", il a déploré dans un communiqué que le Roi ait été "si mal conseillé par son entourage". "De ce fait, le Roi s'érige en gardien d'un ordre établi, relayant la vision d'un PS sclérosé", a souligné le PP.

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