Difficile de licencier les extrémistes de l'armée belge

17/01/13 à 11:37 - Mise à jour à 11:37

Source: Le Vif

Le parlement fédéral débattra dans les prochains jours et semaines des façons légales d'empêcher l'infiltration de l'armée belge par des extrémistes. Georges Dallemagne (cdH) et Denis Ducarme (MR) proposent un screening des candidats militaires.

Difficile de licencier les extrémistes de l'armée belge

© Image Globe

La presse a révélé à la fin de l'an dernier que l'armée a mis sous surveillance une dizaine de soldats dans ses rangs en raison de leurs convictions salafistes, un courant traditionnaliste de l'Islam proche du djihad. La nouvelle avait provoqué un tollé dans le monde politique et le ministre de la Défense, Pieter De Crem (CD&V) avait promis que les extrémistes seraient mis à la porte.

Mais jeudi, le Morgen fait état d'un cadre juridique insuffisant pour licencier les extrémistes. Tant qu'il s'agit de groupuscules ou organisations qui ne sont pas interdits par la loi, les militaires peuvent en faire partie.

"L'armée ne peut en réalité pas s'y opposer", a expliqué Dirk Deboodt de la CGSP Défense au quotidien flamand. "Un soldat qui fume un joint a plus de risques d'être mis dehors de l'armée qu'un soldat qui est membre de Blood&Honour ou un militaire qui a pour but de mener le djihad en Somalie".

Face à ce constat, une proposition de loi de Georges Dallemagne prévoit d'instituer un screening plus poussé pour les candidats militaires par la Sûreté de l'Etat.

Au MR, le député Denis Ducarme a indiqué qu'il déposerait jeudi sa propre proposition visant à serrer la vis. Il veut notamment revoir le statut militaire et donner à la Défense les moyens légaux de se séparer rapidement d'un membre jugé nuisible, sans coût exorbitant. Le syndicat libéral SLFP y est favorable, a indiqué M. Ducarme à l'agence Belga.

Au Sénat, Richard Miller (MR) compte déposer une proposition plus large, visant à réviser la Constitution afin d'y transcrire un article de la Déclaration universelle des droits de l'homme, en vertu duquel nul ne peut se revendiquer des droits et libertés pour tenter de supprimer ces mêmes droits et libertés.

Le cabinet de Pieter De Crem, contacté par Belga, n'a souhaité faire aucun commentaire. Le ministre répondra jeudi aux interpellations parlementaires sur le sujet.

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