Di Rupo veut un gouvernement d'union nationale

27/01/11 à 19:41 - Mise à jour à 19:41

Source: Le Vif

Elio Di Rupo, président du PS, a appelé jeudi soir, au lendemain de la démission du conciliateur royal, Johan Vande Lanotte, à la formation d'un gouvernement d'union nationale.

Di Rupo veut un gouvernement d'union nationale

© Belga

Le président du PS Elio Di Rupo a appelé jeudi à la constitution d'un "gouvernement économique et social de plein exercice", "d'union nationale", chargé de franchir une "première étape institutionnelle", en particulier BHV et le financement de Bruxelles. Sur base de "propositions raisonnables", ce gouvernement pourrait même franchir d'autres étapes institutionnelles, a-t-il précisé. Si la perspective d'un tel gouvernement devait être refusée par l'un des partis visés par l'appel (outre le PS, Elio Di Rupo a cité la N-VA, le CD&V, le sp.a, l'Open Vld, Groen! , le MR, le cdH et Ecolo), le président du PS suggère de former le futur exécutif au départ des partis du gouvernement actuel, "en l'ouvrant aux autres partis qui le souhaitent".

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Au-delà de cette formule, le président du PS en appelle à une grande réforme de l'Etat à laquelle seraient associés "tous les partis démocratiques".

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Evoquant la difficulté vécue par de nombreux citoyens du pays, y compris en Flandre, après la crise financière internationale, le président du PS a souligné que la Belgique n'était pas à l'abri d'une nouvelle crise dont les conséquences seraient bien plus redoutables. "Il y a urgence. Disons les choses simplement : la Belgique doit être gouvernée", a-t-il dit, évoquant la nécessité de s'attaquer aux chantiers socioéconomiques et budgétaires, et d'engranger de premières avancées institutionnelles en prélude à une importante réforme de l'Etat.

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Evoquant la N-VA sans la citer, Elio Di Rupo a mis en évidence que "c'est la première fois, depuis 1831, que l'on doit former un gouvernement avec autour de la table un parti politique dont l'objectif statutaire est l'avènement d'une Flandre indépendante". Faisant valoir "le droit des Flamands de choisir démocratiquement leurs élus", il l'a opposé à celui des électeurs francophones qui n'ont pas mandaté leurs représentants "pour démanteler notre pays et son modèle social".

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Le PS est partisan d'une grande réforme de l'Etat et d'une solution négociée à BHV, a assuré son président qui présentait jeudi, à Bruxelles, ses voeux à la presse et aux militants du parti : "Ce que le PS refuse, en revanche, c'est qu'une réforme de l'Etat introduise un virus dans le système. Un virus qui, en quelques années, entraînerait la destruction de la Belgique et de son modèle social", a-t-il conclu.

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Elio Di Rupo a essuyé quelques critiques au nord du pays, les partis flamands, y compris le sp.a, lui reprochant, après l'échec de la mission de conciliation de Johan Vande Lanotte, d'avoir joué un rôle passif durant les dernières semaines de crise.

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Crise : Beke (CD&V) estime que le PS doit "jouer cartes sur table"

Wouter Beke, président du CD&V, s'était déclaré, plus tôt dans la journée de jeudi, "vraiment très déçu" après la fin abrupte de la mission du conciliateur royal. Le parti chrétien démocrate refuse d'endosser la responsabilité de cet échec et appelle le PS à "jouer cartes sur table".

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"On parle toujours du CD&V comme du premier parti qui aurait torpillé la note Vande Lanotte, mais ce jour-là, cinq des sept partis ont indiqué qu'ils ne voyaient pas le texte comme une base de négociation : on peut donc tout aussi bien dire que les francophones sont concernés !", a souligné Wouter Beke dans une courte interview au Morgen.

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Il dément l'affirmation des partis francophones selon lesquels les négociations étaient proches d'un accord : "Les francophones laissent croire que nous étions à un souffle d'un accord, mais les discussions de synthèse de Vande Lanotte ont montré clairement que c'était loin d'être le cas. Nous pensions ainsi qu'ils étaient d'accord avec la proposition de réformer la loi spéciale de financement, mais il est apparu hier que ce n'était pas le cas."

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Et le président du CD&V de s'interroger sur l'attitude du PS : "Lorsque les deux autres membres du trimvirat, Vande Lanotte et De Wever, me disent que Di Rupo se montre attentiste depuis un moment déjà, je m'interroge sur la poursuite des événements. On peut tout de même attendre qu'il passe dans le cockpit ? Le PS est le plus grand parti côté francophone, et l'on pensait qu'il voulait fournir le Premier ministre. Il est temps qu'ils jouent cartes sur table."

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Crise : pour Bogaert (CD&V), les éléments sur la table permettaient un bon accord

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Yves Leterme, Servais Verherstraeten et Hendrik Bogaert sont tous trois membres du CD&V, un des sept partis qui négociaient jusqu'à présent une réforme de l'Etat et la constitution d'un nouveau gouvernement après les élections du 13 juin. Le CD&V a, avec la N-VA, refusé de négocier sur la base de la note présentée le 5 janvier par Johan Vande Lanotte.

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Malgré les dernières tentatives de celui-ci, il n'a pas été possible d'amener les sept partis à se rasseoir à la tables des négociations. Johan Vande Lanotte a dès lors jeté l'éponge. Il a été déchargé mercredi de la mission de conciliation qui lui avait été confiée par le roi le 21 octobre.

LeVif.be, avec Belga

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