Di Rupo suspend le nouveau plan Wathelet

08/05/14 à 16:07 - Mise à jour à 16:07

Source: Le Vif

Le Premier ministre Di Rupo a annoncé jeudi la suspension "immédiate" de l'exécution des instructions du secrétaire d'Etat à la Mobilité, Melchior Wathelet, modifiant les routes aériennes autour de l'aéroport de Bruxelles et contestées par les partis flamands de la majorité, en appelant à un dialogue "constructif et apaisé" avec l'ensemble des parties concernées.

Di Rupo suspend le nouveau plan Wathelet

© Belga

M. Di Rupo (PS) a indiqué dans un communiqué qu'il venait de recevoir la décision du gouvernement flamand d'entamer une procédure en conflit d'intérêts à l'encontre des instructions que M. Wathelet (cdH) a données cette semaine à Belgocontrol, l'organisme chargé du contrôle de l'espace aérien belge.

"La conséquence légale directe de cette procédure est la suspension immédiate de l'exécution des instructions du secrétaire d'Etat à la Mobilité", a ajouté le chef du gouvernement fédéral. Il assure "comprendre la situation très difficile vécue par les habitants affectés par les nuisances aériennes". Cette situation implique, selon lui, des "corrections" afin de diminuer les nuisances sonores, dans un cadre "équilibré" et "négocié". Toute solution ne pourra être élaborée que par le dialogue constructif et apaisé avec l'ensemble des parties concernées, poursuit le Premier ministre, assurant que la garantie de la sécurité des citoyens constitue la priorité absolue."La recherche d'une solution passe par des analyses de sécurité, qui garantissent le respect des normes aériennes de sécurité les plus strictes", a encore souligné M. Di Rupo, en appelant "au sens des responsabilités de tous".

Quelques minutes avant la publication du communiqué du Premier ministre, le gouvernement flamand avait annoncé avoir engagé une procédure en conflit d'intérêts contre les décisions, qualifiées d'"unilatérales", prises par M. Wathelet sur les routes d'avions survolant Bruxelles et sa périphérie, au départ de l'aéroport de Bruxelles-National. Cette décision de l'équipe de Kris Peeters a pour effet de suspendre durant 60 jours les décisions du secrétaire d'Etat fédéral et de faire aboutir le dossier devant le comité de concertation entre Etat fédéral et entités fédérées.

M. Wathelet "déçu" par la procédure lancée par le gouvernement flamand

Le secrétaire d'Etat à la Mobilité, Melchior Wathelet, a fait part jeudi de sa "déception" face à la décision du gouvernement flamand d'engager une procédure en conflit d'intérêts contre l'envoi de nouvelles instructions modifiant les routes aériennes autour de l'aéroport de Bruxelles-National - qui a entraîné leur suspension "immédiate".

"Je prends acte avec beaucoup de déception de la décision du gouvernement flamand qui empêche d'apporter l'apaisement aux justes revendications des Bruxellois. Ma décision apportait des premières et nécessaires améliorations dans le respect des accords signés par tous. L'approche des élections a sans doute animé cette décision regrettable", a indiqué M. Wathelet dans un bref communiqué adressé à l'agence BELGA.

Milquet déplore un "blocage du gouvernement flamand, pas des francophones"

La vice-Première ministre cdH Joëlle Milquet a attribué jeudi en fin de journée les derniers développements du dossier des nuisances des avions à un blocage du gouvernement flamand, qui a introduit un conflit d'intérêts contre les récentes décisions du secrétaire d'État à la Mobilité, Melchior Wathelet (cdH). "C'est très dommage, mais ce ne sont pas les francophones qui ont enclenché un conflit d'intérêts, c'est une décision du gouvernement flamand", a-t-elle commenté peu avant une réunion internationale à Val Duchesse sur les jeunes Européens partant combattre en Syrie. Mme Milquet, qui avait réclamé un soutien francophone dans ce dossier, assure ne pas se sentir pour autant lâchée par le chef de l'exécutif fédéral et renvoie aux prochaines négociations. Il faudra trouver une solution structurelle avec toutes les parties, comme l'allongement des pistes ou le déplacement des vols charter vers l'aéroport de Liège, a-t-elle commenté, soulignant l'importance d'associer les riverains et les partis régionaux bruxellois. A ses yeux, les récents développements de ce dossier démontrent que ceux qui disaient "il n'y a qu'à..." ont eu tort.

Une polémique est née jeudi matin sur la mise en oeuvre des nouvelles routes visant à corriger le survol de Bruxelles, certains affirmant que Belgocontrol s'y opposait pour des raisons de sécurité. Ce n'est "pas juste", a réagi sa porte-parole. Il ne peut y avoir de problème de sécurité car ce qui est demandé est l'application "durant la journée (prolonger les shifts de 6 à 7h et de 22 à 23h) de ce qui se fait depuis des années durant le week-end et la nuit", a-t-elle précisé. "Mercredi, Belgocontrol avait posé des questions techniques notre administration, la Direction générale du Transport aérien. Ce matin (jeudi), elle y a répondu", a encore ajouté la porte-parole.

La Flandre gagne à 100%, les Bruxellois survolés abusivement pour longtemps

Dans le dossier des nuisances des avions, la majorité Di Rupo (PS-MR-cdH, côté francophone) aura décidément bu le calice jusqu'à la lie sur le dos de 500.000 Bruxellois qui seront encore pendant longtemps survolés abusivement, a affirmé jeudi en fin de journée le chef de file des FDF en Région bruxelloise, Didier Gosuin. Pour le député-bourgmetsre d'Auderghem, "si le CDH a une responsabilité écrasante dans ce dossier qui a été mal géré, le MR et le PS sont aujourd'hui complices de ce travail bâclé. Une fois de plus, la Flandre sort gagnante à 100%. C'est elle qui profite principalement des retombées économiques de l'aéroport et sa population reste préservée des nuisances au détriment des Bruxellois qui, eux, souffrent comme jamais".

M. Gosuin estime que l'on "vit dans un pays de fous. Même Wathelet et Milquet aboutissent à la conclusion que leur plan est un échec et qu'il faut le changer - mais tout est maintenu en l'état". Le père-fondateur des normes bruxelloises de bruit s'est par ailleurs demandé pourquoi le gouvernement bruxellois n'a pas fait, en février, ce que le gouvernement flamand fait aujourd'hui en actionnant le conflit d'intérêt. A ses yeux, les Bruxellois ont été mal défendus. Tant le ministre francophone responsable de la Mobilité, le cdH Melchior Wathelet, que les vice-Premiers MR et PS au gouvernement fédéral portent la responsabilité de ce survol abusif. M. Gosuin a rappelé que dans le contexte actuel de bataille juridique sur ce dossier, sa commune finançait un recours au Conseil d'Etat introduit par des riverains survolés.

En savoir plus sur:

Nos partenaires