Di Rupo n'exclut pas la possibilité d'un échec

30/07/10 à 18:11 - Mise à jour à 18:11

Source: Le Vif

Elio Di Rupo, dont la mission a été prolongée par le roi Albert II vendredi, juge qu'il ne lui appartient pas de formuler des propositions mais de trouver des convergences. Il a aussi dit qu'en cas d'échec, ce "sera l'échec de tous les négociateurs". Il n'a pas exclu cette possibilité tout en disant qu'il fera tout pour l'éviter.

Di Rupo n'exclut pas la possibilité d'un échec

© Belga

Le préformateur Elio Di Rupo a confié vendredi devant la presse qu'il essayait de concilier l'inconciliable, entre des partis flamands qui revendiquent le confédéralisme voire l'indépendance de la Flandre et des partis francophones attachés à une Belgique fédérale. La tâche est immense, a-t-il ajouté. Selon lui, il existe des éléments d'un accord mais, selon la formule consacrée, tant qu'il n'y a pas d'accord sur tout, il n'y a d'accord sur rien.

M. Di Rupo ne s'est pas étendu sur ces éléments. Il a toutefois évoqué le déplacement du centre de gravité du système institutionnel belge défendu par les partis flamands. "Vu les résultats électoraux en Flandre, nous savons que le centre de gravité de la Belgique se déplacera du fédéral vers les entités fédérées. Mon souhait est que cela puisse se passer d'une manière qui va stabiliser le pays au bénéfice de la grande majorité des Belges. A titre personnel, j'estime que notre pays doit rester une valeur ajoutée pour l'ensemble de la population", a-t-il dit.

Après la lecture d'une déclaration, d'abord en néerlandais et puis en français, M. Di Rupo a répondu à quelques questions. "Formuler des propositions relève du rôle du formateur. Le rôle du préformateur est de constater ce que les uns et les autres disent et de faire preuve d'imagination pour trouver les convergences. C'est ce que je peux et ce que je vais faire", a-t-il notamment expliqué aux journalistes qui lui demandaient s'il allait mettre la semaine prochaine à profit pour formuler des propositions.

M. Di Rupo a aussi insisté sur le fait qu'il n'y avait pas encore de décision définitive sur les partis qui feront partie du gouvernement. La formule à sept (pour l'institutionnel) et cinq (pour le gouvernement), ce n'est pas nécessairement ce qui sera retenu. "La porte reste ouverte à tous les partis", a-t-il dit sans jamais citer les partis concernés.

Le préformateur a aussi souligné qu'il avait surtout veillé à éviter, dès le début, le développement d'un sentiment de rivalité nord-sud ou encore de rivalité entre des personnes.

Il a reconnu que sa tâche était "titanesque". Mais, a-t-il ajouté, "il y a une volonté de réussir et il y a des éléments qui permettent de poursuivre le travail". "Le succès de la mission sera le succès de tous les partis et l'échec sera celui de tous les négociateurs. Un échec est toujours possible dans toute entreprise humaine mais j'espère réussir", a-t-il dit.

M. Di Rupo a conclu en disant qu'il traite surtout de l'institutionnel. "J'attends que cela se décante pour aborder les défis socio-économiques".

Pas grand chose de neuf selon Reynders

"Je n'ai pas appris grand chose et j'ai été frappé par le fait que, dans sa communication, le préformateur n'a quasiment rien dit sur le volet socio-économique. De plus, nous ne comprenons toujours pas pourquoi, alors qu'on parle d'une importante réforme de l'Etat et de l'avenir de Bruxelles, trois partis francophones ont décidé d'exclure la première formation à Bruxelles et la deuxième à l'échelle de la communauté française", a dit le président du MR Didier Reynders en réaction à la communication d'Elio Di Rupo.

Pour Didier Reynders, on n'est pas beaucoup plus loin que lors des entretiens menés par l'informateur Bart De Wever. Celui-ci mettait déjà en avant trois éléments: le nécessaire équilibre budgétaire, une grande réforme de l'Etat et le renforcement du tissu social.

"Le MR ne sait toujours pourquoi il n'a pas été convié aux discussions à tout le moins en ce qui concerne la réforme de l'Etat. Nous avons toujours dit être prêt aux efforts nécessaires pour garantir l'équilibre budgétaire et le MR dit depuis longtemps qu'il faut une grande réforme de l'Etat. Nous sommes aussi favorables au renforcement du tissu social, un élément que le préformateur n'a pas évoqué dans sa communication" a dit Didier Reynders.

Le président du MR s'est d'ailleurs dit frappé du fait que le préformateur n'avait quasiment pas évoqué les défis socio-économiques, sauf à citer le chiffre des 25 milliards d'euros nécessaire pour retrouver l'équilibre en 2015. "Mais je n'ai entendu aucun proposition, aucun orientation sur la façon de réaliser cet objectif". "Je suppose que le préformateur mettra à profit les prochains jours pour rédiger une note et qu'il la rendra publique pour que, 60 jours après les élections, on sache enfin où on veut aller", a-t-il encore dit.

Le Vif.be, avec Belga

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