Di Rupo monte au créneau dans un débat des Premiers qui enflamme la Chambre

02/06/16 à 17:11 - Mise à jour à 17:10

Source: Belga

L'ex-Premier ministre Elio Di Rupo a interpellé jeudi à la Chambre son successeur Charles Michel, sur l'agitation sociale qui s'est emparée du pays, un événement inédit dans l'histoire récente du pays. Le chef de groupe Open Vld Patrick Dewael a recadré cette intervention dans une réplique qui donna lieu à un échange houleux avec son homologue socialiste Laurette Onkelinx.

Di Rupo monte au créneau dans un débat des Premiers qui enflamme la Chambre

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Le Premier ministre ne s'est pas laissé démonter, assurant que son gouvernement restait "mobilisé à 1000% pour continuer les réformes" et qu'il persistait à "donner une vraie chance à la concertation sociale".

Lui reprochant une attitude "bornée", le chef de groupe Ecolo-Groen Jean-Marc Nollet l'a invité à "ouvrir le jeu, c'est ça votre job". Le président du PS Elio Di Rupo s'est dit déçu que son successeur ne prenne pas d'initiative pour ramener la paix sociale et ramener la sérénité. "Je vous adjure, assumez votre fonction de Premier ministre", lui a-t-il dit.

La cheffe de groupe cdH Catherine Fonck s'est elle voulue la "porte-parole de la majorité silencieuse", remettant un drapeau blanc au chef du gouvernement en guise d'invitation à un moratoire sur les mesures qui fâchent et les actions qui pénalisent.

Le chef de file CD&V Servais Verherstraeten a semblé vouloir entrouvrir la porte en soulignant que les textes du ministre Peeters sur le travail faisable ne seraient déposés sur la table du Conseil des ministres qu'après avoir été concertés avec les partenaires sociaux mais cette sortie n'a été applaudie que sur les seuls bancs démocrates-chrétiens.

Au nom de la N-VA, Peter De Roover a souligné qu'il fallait "dialoguer" tout en avertissant que "le projet du gouvernement ne pourrait faire l'objet d'un dialogue avec les plus extrémistes de la société".

Patrick Dewael a reproché à Elio Di Rupo de réveiller l'extrême gauche en tentant de prendre la tête de la contestation sociale et en n'assumant pas certaines mesures prises par le gouvernement précédent. Parlant d'"incivisme politique", il a également dénoncé l'attitude du patron de Solidaris, l'ex-ministre des Entreprises publiques Jean-Pascal Labille (PS) qui avait révélé un projet de privatisation de Bpost finalement avorté. "Il a bien fait", a rétorqué Laurette Onkelinx en dénonçant la petitesse des attaques du chef de groupe libéral flamand dans une passe d'armes virulente.

Pour Raoul Hedebouw (PTB), le but du gouvernement est de "mettre hors course toute forme de démocratie sociale dans ce pays". Olivier Maingain (DéFI) a cru voir dans l'appel au référendum du Premier ministre dans la presse l'aveu que le MR sent une "inquiétude profonde" voir le jour.

De nombreuses voix se sont élevées, dans la majorité et l'opposition, pour condamner certains actes de violence qui ont émaillé les actions sociales des dernières semaines. Le chef de groupe MR Denis Ducarme a appelé le parti socialiste à renoncer à l'action commune avec les Mutualités socialistes et la FGTB.

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