Di Rupo Ier : un accord de droite... ou du centre ?

03/12/11 à 14:32 - Mise à jour à 14:32

Source: Le Vif

Les militants du MR et du cdH ont approuvé, à la quasi-unanimité, l'accord de gouvernement scellé jeudi soir. Un accord que les deux partis estiment avoir marqué de leur empreinte.

Di Rupo Ier : un accord de droite... ou du centre ?

© Reuters

Le MR y voit un accord "marqué de l'empreinte libérale"

Les militants du Mouvement réformateur, réunis samedi à Bruxelles en congrès de participation, ont approuvé à la quasi-unanimité des quelque 700 membres présents, l'accord de gouvernement scellé jeudi soir entre les six partis qui composeront la nouvelle majorité fédérale, PS, SP.a, MR, Open VLD, cdH et CD&V.

Qualifiant ce projet d'accord d'"exceptionnel" mais certes "imparfait" en ce qu'il résulte de la conclusion d'un compromis, le président du MR, Charles Michel, a assuré les militants réunis au Théâtre St-Michel, à Etterbeek, de la vigilance des réformateurs lorsqu'il s'agira de mettre les textes en oeuvre. Selon lui, l'accord obtenu après environ 540 jours d'instabilité politique l'a été grâce au retour sur le devant de la scène des libéraux à la rentrée 2011.

Charles Michel a souligné que cet accord, "marqué de l'empreinte libérale", permettra aux citoyens de vivre dans "une Belgique modernisée" dont les "travailleurs" seront "encouragés". Le président du MR a défendu la réforme institutionnelle "qui s'inscrit dans l'Etat fédéral" au sein duquel le gouvernement fédéral se trouve conforté dans l'exercice des compétences régaliennes et l'organisation de la Sécurité sociale a été préservée.

L'accord débouche toutefois sur un nouveau modèle "qui s'appuiera sur des Régions adultes qui, demain, devront prendre leur destin en main" et qui, dans le sud du pays, seront amenées à coopérer. Cette réforme, a-t-il fait observer, permet le refinancement de Bruxelles, consolide les droits des francophones de la périphérie, notamment sur le plan judiciaire.

Mais, surtout, a fait remarquer le président du MR, l'accord de gouvernement permettra, en cette période de crise européenne voire mondiale, de soutenir le développement économique. Vu l'effort budgétaire qui s'imposait aux négociateurs, il importait, aux yeux du Mouvement réformateur, de voir "l'Etat et les ministères montrer l'exemple, de sorte que chaque euro public épargné soit véritablement un euro de moins à aller chercher dans les poches de la classe moyenne". Car, a répété Charles Michel, il fallait "protéger les travailleurs, ces héros, celles et ceux qui sont en capacité d'apporter la prospérité".

Vendredi, en guise d'avertissement au nouveau gouvernement hexapartite Di Rupo Ier, entre 50.000 et 80.000 manifestants ont battu le pavé à Bruxelles suivant un appel intersyndical à rééquilibrer l'effort budgétaire jugé trop favorable aux rentiers. Charles Michel s'est félicité d'avoir pu repousser, durant les négociations, la volonté de certains de mettre en place un cadastre des revenus immobiliers et mobiliers qui aurait vu "des inspecteurs compter les bijoux jusque dans les tiroirs".

Pendant que des dizaines de milliers de personnes manifestaient, "800.000 indépendants et des millions de travailleurs étaient au boulot pour gagner leur croûte, le MR les a entendus et défendus", a lancé la ministre sortante des Classes moyennes, Sabine Laruelle, sous le feu d'applaudissements nourris.

Au moment de voter la participation, les militants ont sans surprise sorti massivement leurs cartons bleus en guise de soutien à l'accord. Deux militants ont voté contre l'accord et un s'est abstenu.

Pour le cdH, "la Belgique avait besoin d'un gouvernement de centre"

Le cdH a approuvé samedi la participation au gouvernement fédéral par 520 votes pour et 5 abstentions. Le parti humaniste s'est avancé dans ces négociations avec pragmatisme, a expliqué samedi son président, Benoît Lutgen, à l'ouverture du congrès de participation de son parti.

Devant les militants réunis à Louvain-la-Neuve, il a détaillé la marque centriste dans les accords conclus après plus de 500 jours de crise et insisté sur la nécessité d'un gouvernement du centre pour la Belgique : "Notre pays avait besoin d'un gouvernement, un vrai gouvernement, un gouvernement de centre !"

Au final, le budget élaboré pour l'an prochain est "sérieux et crédible". S'il impliquera des efforts de tous, il ne porte pas, selon le cdH, la marque de l'austérité visible dans d'autres pays européens : "Les mesures qui ont été prises n'ont rien à voir avec l'austérité imposée aux citoyens grecs, italiens ou portugais."

Le président a énuméré quelques mesures qui tiennent à coeur au cdH : plan emploi axé sur les jeunes, relèvement de la quotité exonérée, d'impôt, maintien des titres-services, développement de l'emploi dans le secteur non-marchand, réduction de cotisations sociales dans les PME, etc.

Sur le plan institutionnel, si l'accord est fait de "bric et de broc", il a une vertu qui est celle d'exister, d'éviter de devoir recommencer une négociation avec la N-VA, et d'avoir préservé l'intérêt fédéral face aux tendances confédérales, estime le sénateur Francis Delperée.

"Ce gouvernement sera de courte durée" mais il devra montrer qu'il est encore possible de gérer le pays autrement qu'en affaires courantes, a averti la vice-Première ministre Joëlle Milquet.

Formateur : le SP.a vote à une quasi-unanimité l'accord de gouvernement

Le congrès de parti du SP.a a voté quasiment à l'unanimité en faveur de l'accord de gouvernement bouclé jeudi soir par les six partis qui formeront la prochaine majorité. Deux membres ont voté contre et un s'est abstenu, sur un total d'environ 400 participants au congrès, samedi matin à l'Event Brewery de Bruxelles.

"Cela signifie que nous sommes prêts à prendre nos responsabilités lors de moments difficiles", a déclaré Bruno Tobback, président du SP.a, à l'issue du vote.

Le congrès des socialistes flamands s'est déroulé à huis clos mais Bruno Tobback a concédé à son issue qu'une "large discussion" a eu lieu "au cours de laquelle des voix critiques ont été entendues". Il s'est engagé à ce que les socialistes flamands appliquent l'accord de manière "loyale" et en attend de même de la part des futurs partenaires au gouvernement.

LeVif.be, avec Belga

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