"Di Rupo est l'architecte, il doit piloter la refondation jusqu'au bout"

16/12/17 à 15:59 - Mise à jour à 16:25

Source: Belga

Le ministre francophone du Budget, André Flahaut (PS), défend son président de parti Elio Di Rupo après l'appel du secrétaire général de la mutualité socialiste Jean-Pascal Labille à un PS sans Elio Di Rupo pour retrouver les 30% aux élections.

"Di Rupo est l'architecte, il doit piloter la refondation jusqu'au bout"

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Fidèle de l'appareil, André Flahaut, qui a répondu à l'Agence BELGA après avoir été sollicité par la RTBF, estime qu'Elio Di Rupo est l'"architecte" de la remise en marche du parti; il doit continuer à piloter le chantier jusqu'au bout.

"J'ai été ministre de tutelle de la Régie des bâtiments. J'ai pu constater que chaque fois qu'on changeait d'architecte en cours de travaux, c'était le bordel", commente M. Flahaut. Ce dernier voit en Elio Di Rupo le président de la synthèse entre Guy Spitaels, qui avait ramené les socialistes au pouvoir en 1988, le plaçant à 40% avec "le retour du coeur", et Philippe Busquin, qui avait dû nettoyer les écuries après l'affaire Agusta. Pour André Flahaut, Elio Di Rupo fait le job, il n'y a pas lieu de remettre cela en cause. "Nous avons besoin d'une ligne claire et de discipline. Le parti a décidé statutairement que la présidence serait renouvelée après la mise en place des coalitions en 2019. Paul Magnette aussi a indiqué qu'il serait candidat le moment venu", rappelle-t-il.

"Le PS a été renvoyé dans l'opposition par ce gouvernement fédéral qui rappelle les pouvoirs spéciaux des années 1980. Nous avons aussi été éclaboussés par certaines affaires. Le président Di Rupo a pris les choses en main, convoquant un vaste chantier des idées et oeuvrant à une réforme statutaire pour une meilleure gouvernance. Il a aussi poussé vers la sortie les fauteurs de trouble, dans le respect du droit à la défense", résume le Brabançon wallon.

La mutualité socialiste et la FGTB déplorent de ne pas avoir été invitées au congrès de refondation du 26 novembre. "Le congrès des idées a conclu ce vaste chantier, en adoptant à 98% les 170 recommandations, y compris en matière de santé et de travail, nées de débats intenses entre militants dans les fédérations. C'était le moment de l'expression des militants", réplique M. Flahaut. "Il y a des moments où chacun s'exprime dans son organisation, d'autres où l'action commune prend le relai. Il y aura d'autres congrès où FGTB et mutualité socialiste seront invitées. Elles le sont d'ailleurs au Bureau de parti. On nous dit assez ailleurs que la mutualité et la FGTB sont à la remorque du parti ou son porte-voix", ajoute-t-il.

Le ministre d'Etat appelle à "l'unité et à la cohésion" des socialistes. "Personne ne nous fera de cadeau en 2019. Ni le MR, ni le cdH, on vient de le voir. On ne peut pas compter non plus sur le PTB. Ecolo observe la situation et Maingain récolte les fruits", conclut M. Flahaut.

Ce dernier comprend l'intervention de Jean-Pascal Labille s'il s'agit d'un appel à préparer la transition, voulue par tous. "Mais tirer les gens au dehors, cela non."

André Flahaut est à ce stade le seul à s'exprimer au sein du PS. Tout le monde se tait, y compris le président lui-même. Pas de commentaires non plus, chez les mandataires plus réservés voire hostiles à son maintien à la présidence. En coulisse, parmi les soutiens du président Di Rupo, on se demande quelle mouche a piqué Jean-Pascal Labille et si sa sortie médiatique est bien l'expression de la mutualité. On observe notamment que ce dernier n'évoque pas les enjeux de santé qui ont été au coeur du congrès des idées.

Entre-temps, le secrétaire général de l'interrégionale wallonne de la FGTB Thierry Bodson a fait savoir au Soir et à la RTBF qu'il s'alignait sur les propos de M. Labille.

Bodson: "Les gens me disent qu'avec Elio, ça ne marchera pas"

Le président du PS Elio Di Rupo devrait faire un pas de côté en vue des prochaines échéances électorales, a estimé samedi, auprès du Soir et de la RTBF, le secrétaire général de l'Interrégionale wallonne de la FGTB Thierry Bodson, apportant son soutien à son collègue des Mutualités socialistes Jean-Pascal Labille.

"Quand je vais dans une assemblée syndicale ou une manifestation, les gens me disent: avec Elio, ça ne marchera pas", explique Thierry Bodson, qui y voit deux raisons. "D'abord, pour ce qu'il a accepté quand il était Premier ministre, même si les gens savent nuancer l'importance de la prise de décision d'un Premier ministre en coalition", relève M. Bodson. "Ensuite, les gens ne comprennent pas qu'on puisse passer du rôle de Premier ministre à celui de chef de l'opposition du jour au lendemain. Ce n'est pas l'homme qui est ici visé; ce n'est tout simplement pas crédible et cela pèse beaucoup."

Cependant, Thierry Bodson, comme le secrétaire général de la FGTB Robert Verteneuil, reconnaît que c'est à l'intérieur du Parti socialiste que les décisions doivent se prendre.

Thierry Bodson dit partager l'analyse de Jean-Pascal Labille, qui est "d'abord, de dire que si nous n'avons pas un PS et une gauche renforcée en 2019, ce sera un cataclysme social dans les cinq ans qui viennent". "Ensuite, qu'il est stupide d'avoir un parti dirigé par un seul homme, même avec un G5 ou un G10. Je suis militant depuis près de quarante ans et j'ai l'impression qu'on phagocyte mon parti. Il faut que le PS soit dirigé de façon plus collégiale", conclut Thierry Bodson.

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