Des politiciens se chamaillent sur la déontologie journalistique

03/05/16 à 20:17 - Mise à jour à 20:16

Source: Belga

Un débat sur la déontologie des journalistes qui ont révélé le scandale des évasions fiscales au Panama a eu lieu, mardi, lors d'une réunion de la commission spéciale Panama Papers. Un député de l'Open Vld a notamment posé des questions critiques aux journalistes Kristof Clerix (Knack) et Alain Lallemand (Le Soir).

Des politiciens se chamaillent sur la déontologie journalistique

© iStock

Ces derniers, qui font partie du consortium international ICIJ, ont mené l'enquête pour dévoiler le volet belge de ce scandale financier. Ils étaient invités à donner des explications complémentaires sur leurs recherches aux parlementaires de la commission. Les journalistes ont notamment procédé à un rappel des différents scandales financiers dévoilés au cours des dernières années : SwissLeaks, LuxLeaks, OffshoreLeaks et Panama Papers.

Les membres de la commission ont ensuite pu poser leurs questions. Le débat s'est rapidement envenimé entre certains députés.

Le libéral flamand Luk Van Biesen a notamment demandé pourquoi l'enquête "se limitait à donner des noms et des listes".

"On peut se poser la question de savoir si votre tâche n'est pas d'aller plus loin pour savoir quelles constructions ont conduit à de la fraude fiscale. N'aurait-il pas fallu d'abord mieux enquêter sur cela ? La question est pourquoi on a un compte au Luxembourg ou en Suisse. Mais on donne plutôt des noms et on manipule l'opinion publique", a estimé M. Van Biesen, ajoutant que la "vie privée de certains avait été atteinte".

"Vous êtes pour une liberté de la presse relative", a réagi le député Groen, Kristof Calvo, qui a pris la défense des journalistes et salué leur travail. "La manière dont ils sont accueillis ici me surprend", a-t-il ajouté.

MM. Clerix et Lallemand n'ont pas non plus apprécié les propos de M. Van Biesen. "Je trouve qu'il s'agit d'une accusation quand vous parlez d'atteinte à la vie privée", a déclaré Kristof Clerix. "Depuis 15 ans que je travaille en tant que journaliste, j'ai toujours accordé beaucoup d'importance à la déontologie. Les noms que nous citons font partie de la catégorie des figures publiques. Les lois relatives aux médias sont très claires : il ne s'agit pas d'une atteinte à la vie privée."

Le journaliste a ajouté que les données révélées ont été contrôlées et que les personnes citées ont reçu la possibilité de répondre.

Le député N-VA, Rob Van de Velde, a de son côté fait part de ses réserves concernant le fait que les journalistes n'ont pas voulu immédiatement collaborer avec le fisc. M. Clerix a précisé à ce propos que le consortium s'était accordé pour fournir certaines informations lundi prochain.

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