Des pistes pour sortir de la crise des numéros Inami

20/11/14 à 19:02 - Mise à jour à 19:02

Source: Belga

La ministre fédérale de la Santé, Maggie De Block (Open Vld), a rencontré jeudi matin les doyens de médecine francophones pour évoquer la problématique des numéros Inami, dont la moitié des étudiants de dernière année de médecine pourraient être privés l'année prochaine au sud du pays.

Des pistes pour sortir de la crise des numéros Inami

© Image Globe

L'entretien, qui a duré deux heures, s'est déroulé dans une ambiance constructive, même si aucune solution concrète n'en est sortie. La ministre De Block n'a souhaité faire aucun commentaire à l'issue de la rencontre, "pour ne pas donner l'impression que l'on privilégie l'une ou l'autre piste", a indiqué sa porte-parole.

"La discussion s'est déroulée dans un climat extrêmement studieux et approfondi, chacune de nos propositions ayant fait l'objet d'une discussion", a salué le président du collège des doyens de médecine francophones, Yvon Englert (ULB), lors d'une conférence de presse tenue en milieu d'après-midi. "Maggie De Block veut une solution structurelle et durable, mais elle n'a pris aucun engagement. Ce n'est pas avec les doyens qu'elle va négocier...".

Un numéro Inami à un étudiant sur deux

Les doyens francophones ont toutefois profité de cette rencontre pour formuler une série de propositions pour sortir de l'imbroglio qui risque de priver la moitié des étudiants francophones en dernière année de médecine d'un numéro Inami en juin prochain.

Pour cette urgence-là, les doyens suggèrent d'accorder le précieux sésame à tous les étudiants de 2015, afin "de se donner le temps de trouver une solution définitive", plaide Yvon Englert. Selon lui, le nombre de médecins diplômés excédentaires cette année sera en effet quasi identique au nord (100 étudiants) et au sud (120) du pays.

Pour le moyen et long terme, les doyens francophones proposent de supprimer le contingentement du nombre de médecins en fin de cursus appliqué depuis une quinzaine d'années et de le remplacer par un filtrage à l'entrée. Vu le plus grand nombre d'étudiants étrangers dans les facultés francophones, il conviendrait toutefois de comptabiliser ceux-ci dans un quota séparé afin de ne pas préjudicier la Fédération Wallonie-Bruxelles qui comptent 30% d'étudiants étrangers, contre 5% seulement en Flandre.

S'ils souhaitent limiter le nombre à l'entrée, les doyens estiment qu'il conviendrait toutefois de revoir en profondeur la manière dont les besoins en médecins sont évalués.

Pour les doyens, comme les premiers éléments du cadastre des médecins semblent le montrer, "la pénurie médicale est en vue en Belgique, particulièrement au sud du pays" où les médecins -généralistes principalement- sont plus âgés qu'au nord du pays.

Selon Yvon Englert, il faut dès lors revoir "en profondeur" le fonctionnement de la commission de planification -où il siège- qui "n'a jamais joué son rôle car elle n'en a jamais eu les outils et les moyens", déplore-t-il.

Dans ses prévisions, celle-ci n'a ainsi pas pris en compte l'augmentation annoncée de 10% de la population d'ici 2037, ni le vieillissement de celle-ci, et encore moins l'augmentation constatée ces dernières années d'étudiants français dans nos facultés de médecine, pointe M. Englert. Selon lui, et sur base des premiers éléments du cadastre en cours, pour pouvoir maintenir la force de travail du corps médical en Belgique, il faudrait en réalité former plus de... 3.200 médecins spécialistes en plus d'ici 2037.

"La négociation ne sera pas simple et la clé du problème est dans la négociation entre la ministre fédérale (De Block, ndlr) et le ministre de la Communauté (Marcourt)", analyse M. Englert. Mais pour les doyens, il y a en tout cas urgence. "Nous avons besoin d'une ligne claire d'ici fin décembre pour que nos étudiants puissent s'orienter vers la médecine générale ou les autres spécialités".

A défaut d'accord, répètent les doyens, ceux-ci n'auront d'autre choix "que d'appliquer la loi", et donc de n'attribuer en juin prochain un numéro Inami qu'à un étudiant sur deux. Ceux-ci se verront d'ailleurs prochainement pour définir sur base de quels critères cette sélection sera réalisée. En espérant toutefois ne jamais devoir la mettre en oeuvre.

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