Des milliers de domestiques en situation de "travail forcé" à Hong Kong

15/03/16 à 10:35 - Mise à jour à 10:35

Source: Belga

(Belga) Des dizaines de milliers de domestiques étrangères à Hong Kong sont en situation de "travail forcé", selon une nouvelle étude qui alimente les critiques sur le traitement réservé aux employées de maison dans l'ancienne colonie britannique.

Des milliers de domestiques en situation de "travail forcé" à Hong Kong

Des milliers de domestiques en situation de "travail forcé" à Hong Kong © BELGA

Le Centre pour la justice, une organisation de défense des droits de l'Homme, estime qu'une domestique sur six, soit 50.000 personnes sur les 300.000 employées vivant à Hong Kong, pour la plupart philippines ou indonésiennes, sont concernées. Pour l'association, le travail forcé est un emploi pour lequel l'employé n'a pas été recruté librement, ne fait pas son travail librement ou ne peut pas s'arrêter de travailler. D'après l'étude, 14% des personnes dans cette situation sont arrivées à Hong Kong après avoir été victimes de la traite des êtres humains. En décembre, la Commission de l'ONU contre la torture avait appelé les autorités hongkongaises à réformer la loi afin de mieux protéger les victimes de travail forcé et de la traite des êtres humains. Le cas d'une domestique indonésienne réduite à l'esclavage, Erwiana Sulistyaningsih, avait eu un retentissement international et attiré l'attention sur les conditions de vie des employées de maison. Son employeur, une mère de famille hongkongaise, avait été condamnée l'année dernière à six ans de prison. D'après l'enquête, l'endettement de ces femmes, embauchées principalement pour s'occuper des enfants et faire le ménage, auprès d'agences peu scrupuleuses, aussi bien à Hong Kong que dans leur pays d'origine, explique en bonne partie qu'elles soient piégées. "Le travail forcé, ce n'est pas toujours de la violence physique, il existe de nombreux outils de contrainte et de tromperie", déclare Victoria Wisniewski Otera, co-auteur du rapport rédigé sur la base d'entretiens avec plus de 1.000 femmes. Une Indonésienne présentée sous le nom d'Indah a expliqué qu'elle n'avait pas d'autre choix que de travailler pour rembourser sa dette. Elle a également dit que son employeur détenait son passeport. En moyenne, ces domestiques travaillent 70 heures par semaine. Plus d'un tiers ne bénéficient pas des 24 heures obligatoires de repos hebdomadaires prévues par la loi hongkongaise. Le rapport appelle le gouvernement à revoir la loi, à améliorer les conditions de vie et de travail des domestiques et à pénaliser les agences qui exigent des sommes exorbitantes pour leurs services. (Belga)

Nos partenaires