Des médecins d'Alep implorent Obama d'agir pour empêcher un nouveau siège

11/08/16 à 07:54 - Mise à jour à 07:54

Source: Belga

(Belga) Près de la moitié des derniers praticiens syriens exerçant dans la partie rebelle d'Alep ont fustigé jeudi "l'inaction" des Etats-Unis face aux malheurs et atrocités que subit la population de cette grande ville divisée du nord de la Syrie.

Des médecins d'Alep implorent Obama d'agir pour empêcher un nouveau siège

Des médecins d'Alep implorent Obama d'agir pour empêcher un nouveau siège © BELGA

Dans une lettre ouverte très émouvante, 15 des 35 médecins encore présents dans les quartiers sous contrôle des insurgés, décrivent la situation désespérée que connaitraient les civils si le régime imposait un nouveau siège. Samedi, les insurgés ont réussi à briser trois semaines d'un siège qui avait entraîné une hausse vertigineuse des prix et le tarissement progressif des produits de base. Mais les médecins considèrent que la situation reste désespérée. "Sans l'ouverture permanente d'une voie d'approvisionnement nous serons dans pas longtemps de nouveau assiégés par les forces du régime, la famine se répandra et les produits hospitaliers se tariront complètement", préviennent-ils. Dans la lettre envoyée à la Maison Blanche, ces pédiatres, chirurgiens et autres praticiens fustigent l'attitude des États-Unis, qui "n'ont fait aucun effort pour lever le siège ou user de leur influence afin de pousser les parties (belligérantes) à protéger les civils". "Nous n'avons besoin ni de larmes, ni de sympathie, ni même de prières. Prouvez seulement que vous êtes des amis des Syriens", disent-il. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a estimé que la Syrie était l'endroit le plus dangereux pour le personnel médical avec 135 attaques en 2015 contre des installations sanitaires et leurs personnels. En juillet, quatre hôpitaux de fortune et une banque du sang ont été touchés en une seule journée par des raids. Plusieurs des médecins signataires de cet appel y travaillaient. "Ce qui nous afflige le plus, comme médecins, est de devoir choisir qui vivra et qui mourra", écrivent les praticiens dans leur lettre. "De jeunes enfants arrivent aux urgences si gravement blessés que nous devons établir une priorité entre ceux qui ont le plus de chances de survivre", poursuivent-ils. "Et parfois nous n'avons même pas le matériel requis pour les aider". Les médecins disent avoir été témoins en cinq ans de guerre de la mort d'un nombre incalculable de patients, amis et collègues dans d'"affreuses souffrances". (Belga)

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