Des kots inspirés du modèle social

24/09/13 à 09:33 - Mise à jour à 09:33

Source: Le Vif

"Student" ? Un concept prometteur exploitable dans plusieurs circonstances et qui n'attend plus que sa réalisation concrète... Explications.

Des kots inspirés du modèle social

© Image Globe

La problématique du logement étudiant dans les villes universitaires n'est pas nouvelle. Elle tracasse jeunes, parents, propriétaires et autorités depuis plusieurs années. C'est ce qui a poussé Jean-Marc Nollet (Ecolo), ministre wallon du Logement, à commander auprès de l'ULg une enquête sur le sujet. Cette Recherche sur l'(in)adéquation entre l'offre et la demande de kots dans les principales villes estudiantines wallonnes parue en 2011 a permis un constat majeur : il est difficile - voire impossible - d'établir une solution globale tant les réalités sont variables d'une ville à l'autre.

Si à Louvain-la-Neuve le problème vient essentiellement du nombre de logements, à Namur les difficultés proviennent surtout du prix et de la disponibilité des kots. "Vers le mois de mars, presque tous les logements proposés par notre institution sont déjà réservés, confie Vincent Gengler, directeur du secteur social de l'Université de Namur. Evidemment, il existe d'autres logements dans Namur, proposés par divers propriétaires, mais ceux-ci ne correspondent pas toujours aux recherches des étudiants que ce soit à cause du prix, de la qualité ou encore de la légalité."

Même si l'offre de kots n'est pas très large, Namur n'est pas en situation de pénurie. Le problème majeur vient du coût élevé de la plupart des logements, qui peut aller jusqu'à freiner l'inscription de certains étudiants aux études supérieures. Après l'enquête qu'il a commandée, Jean-Marc Nollet a donc décidé de passer à l'action fin 2012 en commençant par Namur.

Le ministre a réuni autour de la table divers acteurs locaux (syndicats de propriétaires, écoles supérieures, université,...) avec lesquels il a décidé la mise en place d'une Agence immobilière Student dans la capitale wallonne. Ce projet pilote, géré par l'ASBL Namur. kot, s'inspire en droite ligne du concept d'agence immobilière sociale et veut servir d'intermédiaire entre propriétaires, étudiants et autres acteurs concernés (autorités, etc.). Mais si les deux types d'agences partagent les mêmes initiales, elles n'ont pas tout à fait le même fonctionnement.

Enrayer les spéculations "Contrairement à une agence immobilière sociale, Student n'offre pas certains avantages aux propriétaires : pas d'accès facilité aux prêts pour rénovations, pas d'allègement de taxes, etc., précise Vincent Gengler, nommé président de Namur. kot. Il y a également des différences pour les locataires : les logements seront accessibles à tous les étudiants sans qu'aucune priorité sociale soit mise en place. Et bien que le prix du loyer sera négocié avec le propriétaire, il ne sera pas imposé par l'agence Student."

Quels sont alors les avantages offerts par Namur. kot ? Pour les propriétaires, le premier atout sera de pouvoir bénéficier d'une aide pour les démarches administratives et le permis de location - des points qui freinent souvent la mise en location des kots. Les propriétaires ne devront pas non plus se soucier de devoir trouver des occupants pour leurs logements puisque Student sera elle-même locataire du bien. Enfin, ils pourront aussi bénéficier d'une forme de garantie en cas de vide locatif et d'une première ligne technique pour d'éventuelles réparations ou interventions.

"L'idée est de servir d'intermédiaire entre les propriétaires et les étudiants, et de limiter (voire supprimer) les soucis des deux côtés, explique Vincent Gengler. Les étudiants, pour leur part, auront l'avantage d'avoir un logement correspondant aux normes, une durée de bail aménageable, une garantie locative réduite, un référent (l'agence) pour répondre à leurs questions et surtout un loyer négocié à sa juste valeur."

En plus d'augmenter l'offre de logements en convainquant les propriétaires de louer leurs biens, Namur. kot souhaite en effet enrayer les spéculations sur les kots et faire revenir le marché namurois à des prix plus raisonnables. Sans être imposés par l'agence, les loyers seront discutés avec les propriétaires et devraient se situer en-deçà des tarifs pratiqués habituellement à Namur. Cette baisse de prix sera notamment rendue possible par la faible marge mobilisée par Student. "Comme nous sommes une ASBL, nous n'avons pas de but lucratif, fait remarquer Vincent Gengler. La participation aux frais sera donc moindre pour les propriétaires."

Un concept exportable

Le fonctionnement de l'agence immobilière Student est encore évoqué au futur car même si le concept est posé, le projet n'est pas encore tout à fait sur les rails... L'une des difficultés de Namur. kot est de réunir les différents enseignements supérieurs namurois, qui sont gérés par plusieurs entités différentes (conseils d'administration, province de Namur, Fédération Wallonie-Bruxelles) et de rassurer les différents acteurs quant aux implications et aux risques financiers du projet.

Les propriétaires, eux, ont déjà manifesté leur intérêt pour une telle collaboration. Vincent Gengler espère d'ailleurs pouvoir proposer une quarantaine de logements supplémentaires d'ici à mars 2014, lors des journées portes ouvertes des différents établissements de l'enseignement supérieur namurois.

Le projet a tout intérêt à voir le jour de manière concrète et rapide, car son concept pourrait ensuite être élargi à d'autres villes estudiantines telles que Bruxelles, Mons ou encore Liège. "Il aurait par contre moins d'intérêt à Louvain-la-Neuve, où le problème de kots est essentiellement quantitatif, reconnait Vincent Gengler. Cependant, le rôle de médiateur d'une agence immobilière Student peut s'avérer intéressant dans de nombreux cas, pour assurer une bonne cohabitation entre les riverains et les étudiants." Le fonctionnement proposé par Namur. kot pourrait aussi s'appliquer à d'autres domaines : l'accès au logement pour des jeunes non étudiants, la mise en autonomie de personnes sortant de diverses structures d'aide (jeunes en difficulté, SDF...), etc.

Par Marie-Eve Rebts

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