Des chercheurs anversois plaident pour une approche globale de la salmonelle résistante

30/11/17 à 01:02 - Mise à jour à 01:04

Source: Belga

(Belga) Trois chercheurs de l'Institut de Médecine Tropicale (IMT) d'Anvers appellent à combattre la résistance aux antibiotiques de la bactérie salmonelle de manière globale, en réaction à une étude française publiée mercredi. Ils plaident pour une action intégrée afin de faire face à ce problème de santé publique, qui affecte les humains comme les animaux.

L'ampicilline est un antibiotique dérivé de la pénicilline, utilisé d'abord préventivement dans les années 1950-1960 pour le bétail, puis dans le traitement des infections humaines à partir de 1961. Pour les animaux, son utilisation préventive a été bannie en Europe en 2006, alors que les premiers cas de résistance chez l'homme furent observés en 1962 en Grande-Bretagne. Des chercheurs de l'Institut Pasteur de Paris ont pu démontrer pour la première fois dans une étude parue mercredi dans The Lancet Infectious Diseases que la résistance de la bactérie à l'ampicilline existait déjà avant que le médicament ne soit employé pour l'humain. Cette résistance est due à la surutilisation du produit chez les animaux, précise l'étude. Cependant, l'usage préventif de l'ampicilline persiste ailleurs qu'en Europe et nourrit la résistance de la salmonelle aux antibiotiques, ce qui a un impact mondial étant donné que la production alimentaire ne connaît pas de frontières. Les chercheurs Sandra Van Puyvelde, Stijn Deborggraeve et Jan Jacobs de l'IMT préconisent dès lors une approche "One Health" (une seule santé) afin de freiner le phénomène. Les directives nationales concernant le traitement préventif du bétail par l'ampicilline doivent être harmonisées et l'utilisation des ces antibiotiques contrôlée, selon eux. "La régulation fait surtout défaut au sein des pays moins développés", précise Sandra Van Puyvelde. "Aux États-Unis et surtout en Asie, l'utilisation des antibiotiques pour l'élevage est plus importante qu'en Europe." Dans le cadre de cette approche globale, des experts de l'IMT, dont Sandra Van Puyvelde, proposent par ailleurs des cours pratiques à des responsables d'hôpitaux au Cambodge, au Congo ou encore au Rwanda afin d'éviter les résistances en milieu hospitalier. (Belga)

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