Des attentats déjoués en Belgique, selon Koen Geens

11/01/15 à 15:43 - Mise à jour à 17:28

Source: Belga

Des attentats ont été déjoués en Belgique, a indiqué dimanche, sans guère d'autres précisions, le ministre de la Justice, Koen Geens, nuançant quelque peu des propos tenus jeudi par son collègue de l'Intérieur, Jan Jambon, qui portent toutefois sur une période plus courte.

Des attentats déjoués en Belgique, selon Koen Geens

Koen Geens © BELGA

"Nous (les autorités) empêchons plus d'attentats qu'il ne s'en commet", a-t-il affirmé lors de l'émission dominicale 'Mise au Point' de la RTBF-télévision, dont il était l'invité.

"Chez nous aussi (des attentats ont été déjoués). Mais je ne peux en dire plus", a ajouté M. Geens (CD&V) en se réfugiant derrière le "secret professionnel".

Selon l'entourage du ministre, aucun attentat n'a toutefois été déjoué depuis l'installation du gouvernement Michel 1er, début octobre.

Police, justice et services de renseignement belges "déjouent bien plus d'attentats qu'on ne le pense", a-t-on ajouté de même source.

Les propos du ministre de la Justice ne coïncident guère avec ceux tenus jeudi matin par son collègue de l'Intérieur au micro de l'émission 'Matin Première' de la même RTBF.

M. Jambon (N-VA) avait assuré qu'aucun projet d'attaque terroriste n'a(vait) été déjoué en Belgique "ces derniers temps".

Interrogé sur le risque d'attentat en Belgique, le ministre de l'Intérieur avait reconnu son existence, d'autant plus que le nombre de djihadistes revenus de Syrie, actuellement à 350, est "énorme".

En Belgique, le niveau d'alerte terroriste n'a pas été relevé à la suite des attentats commis en France et qui ont fait vingt morts - dont douze lors de l'attaque menée mercredi contre le journal satirique 'Charlie Hebdo' - y compris les trois assaillants. Mais ce niveau est déjà relativement élevé: 2 sur une échelle de 4.

Appelant les citoyens à la "vigilance", M. Geens a parlé d'un drapeau "jaune plutôt que rouge", assurant que la Belgique disposait de services de police et de renseignement - civil et militaire - "forts".

Interrogé également par la chaîne de télévision flamande VTM, M. Geens a indiqué que le gouvernement devrait décider mercredi d'élargir les possibilités de procéder à des écoutes téléphoniques pour des personnes "qui encouragent, appellent et font de la propagande pour le terrorisme".

Il est actuellement impossible de placer ces personnes sous écoute pour des raisons de respect de la vie privée", a expliqué le ministre de la Justice, admettant que les écoutes "devaient toujours être motivées".

Il a aussi évoqué la possibilité de conclusion d'accords internationaux entre les autorités et les grands fournisseurs d'internet pour, dans le cadre de la lutte contre la propagande haineuse, "restreindre un tout petit peu la liberté d'expression". "Nous avons vu combien c'est dangereux", a-t-il souligné.

A la RTBF, il a plaidé - tout comme le coordinateur de l'UE pour la lutte antiterroriste, le Belge Gilles de Kerchove - pour "davantage de concertation sur l'échange d'informations".

M. Geens a ainsi, à l'instar du ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, dimanche insisté sur la nécessité d'avancer sur le système de collecte des données fournies par les voyageurs aux compagnies aériennes (PNR) dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

"Les compagnies aériennes devraient être obligées de donner des informations sur leurs passagers", a-t-il dit.

Le ministre a enfin confirmé que le gouvernement fédéral préparait un "plan d'action" pour lutter contre le radicalisme, notamment dans les prisons pour éviter que certains détenus se radicalisent - comme cela a été le cas en France, où Chérif Kouachi, l'un des tueurs de "Charlie Hebdo" et Amedy Coulibaly, preneur d'otages de la supérette casher, se sont connus en détention à Fleury-Mérogis (Essonne), dans la grande banlieue parisienne.

En savoir plus sur:

Nos partenaires