Des accompagnateurs de train manifestent devant la gare de Liège-Guillemins

29/12/10 à 13:14 - Mise à jour à 13:14

Source: Le Vif

Une vingtaine d'accompagnateurs de trains déguisés en "agents agressés" ont manifesté leur mécontentement devant la gare des Guillemins à Liège, mercredi matin. Leur mouvement vise à attirer l'attention de la direction sans nuire à la mobilité des passagers.

Des accompagnateurs de train manifestent devant la gare de Liège-Guillemins

© Belga

"Depuis quelques temps, la violence dans les trains augmente", explique Tony Oliveri, accompagnateur agressé par des passagers le 7 décembre à Huy. "Au-delà des blessures physiques, on se sent psychologiquement lésé. Nous voulons provoquer le débat, car la violence empoisonne notre travail et notre vie."

Réunis en front commun, les syndicats réclament 5% d'effectif supplémentaire, soit l'engagement de 14 agents. Ils souhaitent également doubler la brigade anti-fraude, qui passerait de deux à quatre agents, et davantage de personnel Sécurail. "Tout est lié: il y a plus de voyageurs et de trains qu'auparavant, mais moins de personnel, ce qui implique plus de travail et des retards", précise Thierry Moers (CGSP Cheminots).

"Un service de moins bonne qualité est aussi un vecteur d'agression", insiste Marianne Lerouge (CSC-Transcom). "Les trains sales, les locomotives en panne. Les accompagnateurs sont en première ligne pour recevoir toutes les critiques des voyageurs, qui sont fondées. Il y a une dégradation du service."

Les syndicats attendent une réaction de la direction, mais la CGSP Cheminots a déjà déposé un préavis de grève pour le 3 janvier.

"C'est la Holding qui s'occupe de la sécurité"

La sécurisation des trains sur le réseau ferroviaire est assuré par Sécurail, géré par la SNCB-Holding, a indiqué mercredi une porte-parole de la SNCB, Claire Gilissen, à la suite du mécontentement des accompagnateurs de train.

"Avant 2005, les budgets accompagnateurs et sécurité étaient entre les mains de la SNCB. Depuis la scission en deux entités, la SNCB est en charge des accompagnateurs et la SNCB-Holding de la sécurisation, via Sécurail", explique Mme Gilissen. Les syndicats se trompent d'interlocuteur, poursuit-elle.

Auparavant, deux personnes accompagnaient chaque train. Désormais, seuls 25% des convois sont encore accompagnés par deux personnes, mais "pour des raisons matérielles". La plupart du temps, un seul accompagnateur se trouve à bord "pour assurer le service", précise la porte-parole.

"La SNCB n'a pas de budget pour la sécurisation des trains. On a le nombre suffisant d'accompagnateurs pour assurer le service", souligne-t-elle. "La SNCB veut bien essayer d'augmenter les effectifs", mais les syndicats, réunis en front commun, réclament 5% d'agents en plus, soit 14 personnes. "C'est beaucoup trop", d'après Mme Gilissen.

La direction de la SNCB a proposé de réunir les syndicats ce jeudi, pour leur expliquer la situation, mais ces derniers n'ont pas encore confirmé leur présence, a conclu la porte-parole.

Le Vif.be, avec Belga

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