Dépeceurs chinois jugés à Paris: 20 ans de prison pour la nourrice

22/01/16 à 22:39 - Mise à jour à 22:39

Source: Belga

(Belga) La justice française a condamné vendredi à 20 ans de réclusion criminelle une nourrice chinoise reconnue coupable d'avoir tué et dépecé les parents d'un bébé, mort accidentellement, dont elle avait la garde. Les jurés de la cour d'assises de Paris ont en revanche acquitté son compagnon, qui comparaissait à ses côtés.

Le jury a suivi les réquisitions de l'avocat général, qui avait rejeté la thèse de la légitime défense plaidée par l'avocat de la nounou, Hui Zhang, et estimé que rien ne pouvait prouver que son compagnon, Te Lu, avait lui-même porté des coups mortels. "Lorsque j'ai pris connaissance du dossier, j'ai été saisi par l'horreur de ce qui s'était passé, d'imaginer cette odeur de sang, cette boucherie dans la salle de bains", avait déclaré l'avocat général Julien Eyraud avant d'appeler les jurés à dépasser cette vision macabre pour s'en tenir aux preuves. Pour lui, la nourrice, Hui Zhang, qui a reconnu le double meurtre, ne pouvait pas prouver la légitime défense. Et, a contrario, rien n'établissait que son compagnon, Te Lu, avait lui-même porté des coups mortels. La nounou a reconnu avoir tué en 2012 un couple de compatriotes lors d'une altercation à son domicile après le décès accidentel de leur bébé qu'elle gardait. La jeune femme, aujourd'hui âgée de 34 ans, les avait fait venir chez elle avec l'intention de leur proposer un arrangement financier s'ils acceptaient de renoncer à déclarer la mort de leur fils, mais la rencontre a mal tourné. Hui Zhang a reconnu avoir tué les victimes avec une hachette, puis avoir découpé leurs corps dans une baignoire avant de se débarrasser des morceaux au bois de Vincennes, à l'est de Paris, et dans des poubelles. Mais la nourrice affirmait aussi n'avoir fait que se défendre après avoir été agressée par les parents armés d'un couteau de boucher. Son compagnon, également 34 ans, dit s'être évanoui après avoir été blessé dans la bagarre. Les accusés s'étaient rendus eux-mêmes à la police, après être brièvement retournés en Chine. S'ils affirment avoir toujours voulu revenir, la police les soupçonne d'y avoir été contraints pour échapper à la peine de mort. Un avis de recherche avait été diffusé en Chine, les citant nommément comme ayant pu être liés à la disparition d'une famille chinoise. (Belga)

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