Demotte dénonce le "piège grossier" tendu aux francophones avec les numéros Inami

27/09/16 à 13:55 - Mise à jour à 14:33

Source: Belga

Rudy Demotte a dénoncé mardi, dans son discours prononcé à l'occasion de Fête de la Fédération Wallonie-Bruxelles, la récente décision du gouvernement fédéral de maintenir inchangée la clé de répartition des quotas Inami entre Flandre et francophones, malgré des besoins plus marqués au sud du pays.

Demotte dénonce le "piège grossier" tendu aux francophones avec les numéros Inami

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Voyant dans cette décision un manque de loyauté fédérale, le ministre-président de la Fédération a fustigé la stratégie ouvertement assumée par Bart De Wever la semaine dernière visant à faire sortir les francophones "de leur trou" pour qu'ils demandent eux-mêmes une nouvelle réforme de l'État. "Veut-on nous faire sortir du cadre institutionnel au prix du délitement de l'État? ", a demandé M. Demotte. "Le piège est grossier et j'espère que tous les francophones -où qu'ils siègent- le mesurent bien! ", a-t-il ajouté devant un large parterre de politiques réunis à l'hôtel de ville de Bruxelles, où l'on pouvait notamment voir le Premier ministre Charles Michel.

Pour Rudy Demotte, plutôt qu'une opposition entre communautés, c'est une action conjuguée "à tous les niveaux" dont le pays a besoin face aux multiples défis contemporains. "Je m'inscris à contre-courant de la pensée facile. Ca ne va pas, la Belgique? On la gomme! L'Europe? On la gomme! La Fédération Wallonie-Bruxelles? On la gomme! On ne construit pas un projet avec du Tipex! ", a martelé le ministre-président, égratignant ainsi la volonté affichée par certains -parfois dans son propre parti- de régionaliser les compétences de la Fédération.

Intervenant juste avant M. Demotte, le président du Parlement de la Fédération, Philippe Courard (PS), a lui aussi plaidé pour le maintien de l'institution. "Au-delà des disparités identitaires, la solidarité francophone est plus que jamais fondamentale et doit être portée haut et fort et consolidée", a-t-il défendu. Dans le reste de son discours, M. Demotte a mis en avant l'idéal d'égalité, mais également l'importance de la formation et de l'éducation.

Il a répété à cet égard que le Pacte pour un enseignement d'excellence -"notre plan Marshall"- disposerait des moyens humains et financiers à hauteur de l'enjeu.

Trois mois après le Brexit, le ministre-président de la Fédération a encore profité de l'occasion pour appeler à une refondation de l'Union européenne "qui doit cesser d'être un projet comptable pour redevenir un projet politique global au service des citoyens".

Il a profité de la présence dans la salle du Premier ministre et du ministre des Affaires étrangères pour rappeler une nouvelle fois l'opposition de la Fédération Wallonie-Bruxelles aux projets d'accords de libre-échange avec le Canada (CETA) et les Etats-Unis (TTIP), que l'ensemble des assemblées du pays seront appelées à ratifier.

"Demotte a la mémoire courte", réplique le président du MR

Le président du MR Olivier Chastel a rejeté les critiques proférées mardi matin par Rudy Demotte envers le gouvernement fédéral pour la répartition des quotas Inami entre la Flandre et la Fédération Wallonie-Bruxelles.

"Rudy Demotte a la mémoire courte", réplique Olivier Chastel. "Le gouvernement fédéral actuel a en effet hérité d'un problème que les différents ministres socialistes de l'Enseignement supérieur et de la Santé ne sont jamais parvenus à résoudre".

Selon le président des réformateurs, la décision -prise contre l'avis de la commission de planification de l'offre médicale (ndlr)- permet d'augmenter "pour la première fois" depuis des années le nombre de numéros Inami. "Le nombre de médecins francophones diplômés et disposant d'un numéro Inami en 2022 passera en effet de 492 à 528", fait valoir M. Chastel Chastel dans un communiqué.

Le MR y rappelle que le contingentement fédéral de médecins fut introduit en 1997 par le gouvernement Dehaene "dont Elio Di Rupo était vice-premier ministre", avec le socialiste flamand Marcel Colla en charge de la Santé.

Alors que le problème n'a cessé d'amplifier ces dernières années, "qu'ont fait Jean-Claude Marcourt, ministre de l'Enseignement supérieur depuis 2009, et Laurette Onkelinx, ministre fédérale de la Santé de 2007 à 2014, pour solutionner ce dossier? ", demande encore le MR qui réclame de l'introduction rapide en Fédération d'un filtre au début des études de médecine, comme il existe en Flandre depuis près de vingt ans.

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