Dehaene Ier, un exemple pour Di Rupo

09/12/12 à 12:55 - Mise à jour à 12:55

Source: Le Vif

On peut être un Premier ministre impopulaire pendant quatre ans et gagner, malgré tout, les élections. C'est la "loi de Dehaene". Servais Verherstraeten (CD&V), actuel secrétaire d'Etat à la réforme de l'Etat, aime s'y référer. Il veut croire que la victoire de la N-VA en 2014 n'est pas inscrite dans les astres.

Dehaene Ier, un exemple pour Di Rupo

© Reuters

Entre 1992 et 1995, le premier gouvernement dirigé par Jean-Luc Dehaene a mené à bien une réforme de l'Etat, tout en réduisant la dette publique et en accouchant du "Plan global", un cocktail de mesures d'austérité et d'aide à la compétitivité des entreprises. Dehaene avance alors sous la pression de l'Union européenne (la Belgique doit assainir ses finances pour entrer dans l'euro), au moment où les partis flamands sont tétanisés par la montée du Vlaams Blok. Un contexte pas si différent de celui qu'affronte aujourd'hui l'exécutif piloté par Elio Di Rupo.

"Depuis 1945, seul le gouvernement Dehaene I a réussi à la fois sur le plan socio-économique, budgétaire et institutionnel, assure Servais Verherstraeten. Les autres ont réussi dans un ou deux domaines, jamais dans les trois. Mais aujourd'hui, le gouvernement Di Rupo est en train de gagner sur les trois tableaux ! On a lancé des réformes structurelles en matière de chômage et de pensions. Sur le budget, on fait mieux que la France et les Pays-Bas. Et on a scindé l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Et c'est un gouvernement dirigé par l'ex-président du PS qui fait ça ! Alors, ce n'est peut-être pas si grave si le gouvernement est impopulaire... Dehaene I n'a jamais été populaire non plus." De fait, en mai 1994, un sondage de La Libre Belgique révèle qu'à peine 23 % des Belges font alors confiance au gouvernement Dehaene. "Je m'en souviens, c'était terrible, reprend Servais Verherstraeten. Mais, en 1995, les partis de la majorité ont remporté les élections. Moi, j'ai l'espoir de rééditer l'exploit de Dehaene et de gagner en 2014. C'est le défi qui attend tous les partis du gouvernement Di Rupo."

François Brabant

Nos partenaires