Décès de Jos Chabert

10/04/14 à 12:16 - Mise à jour à 12:16

Source: Le Vif

Le ministre d'État et ancien ministre démocrate-chrétien Jos Chabert est décédé mercredi à l'âge de 81 ans, a annoncé jeudi son parti le CD&V.

Décès de Jos Chabert

© Belga

Le ministre d'État et ancien ministre démocrate-chrétien Jos Chabert, dont la longévité a marqué la vie politique belge d'après-guerre et plus particulièrement encore la Région bruxelloise naissante, est décédé mercredi à l'âge de 81 ans, a annoncé jeudi son parti le CD&V.

Ce Bruxellois né à Etterbeek le 16 mars 1933 aura connu près d'un quart de siècle de mandats ministériels et pas moins de quarante années de parlementarisme, et fut même à une époque - de 1999 à 2004 - le seul et unique ministre que possédait encore son parti.
"Le CD&V perd avec lui un chrétien-démocrate engagé. Notre pays perd l'une de ses icônes politiques", a commenté le président des chrétiens-démocrates flamands Wouter Beke.

Élève du collège Sint-Jan-Berchmans à Bruxelles puis au petit séminaire de Malines, il décrocha son doctorat en droit à l'Université catholique de Louvain et fut avocat près la cour d'appel de Bruxelles à la fin des années cinquante. Fils d'un mandataire local, il fut rapidement atteint du virus de la politique et décrocha son premier mandat d'échevin à Meise en 1965, avant d'être élu à la Chambre en 1968 sur la liste unitaire de Paul Vanden Boeynants. En 1971, il accéda à la présidence de son groupe politique au parlement et au conseil de la Communauté néerlandophone.

Jos Chabert devint pour la première fois ministre en 1973, en charge de la Culture néerlandaise et des Affaires flamandes dans le gouvernement Leburton. Il obtint un an plus tard le portefeuille des Voiries et Communications, mettant l'accent sur la sécurité routière en instaurant la limite de vitesse à 120 km/h, l'obligation du port de la ceinture de sécurité et la limite d'alcoolémie à 0,8 promille.

Il passa ainsi des gouvernements Tindemans aux premiers gouvernements Martens. Dans le troisième gouvernement Martens et dans celui dirigé par Eyskens, Jos Chabert fut ministre des Travaux publics et des Réformes institutionnelles. Le Bruxellois quitta le gouvernement en 1981 pour d'autres cieux: représentant de la Belgique à l'assemblée générale des Nations unies puis commissaire général de la Belgique à l'exposition internationale de Tsukuba (Japon), en 1985.

Lorsque la Région bruxelloise fut "sortie du frigo" en 1989, Jos Chabert devint l'un des ministres les plus importants du premier gouvernement régional, en charge du Budget, de l'Économie, des Finances, de l'Énergie et des Relations extérieures, un portefeuille qu'il conserva dix ans. En 1999, ce fervent supporter d'Anderlecht passa aux Travaux publics et aux Transports. Il fut ainsi, de 1999 à 2004, alors que les chrétiens-démocrates avaient été rejetés dans l'opposition au fédéral et en Flandre, le seul et unique ministre CD&V encore en place.

Il est reconnu à Bruxelles comme un jeteur de ponts entre les communautés, ayant notamment fondé en 2004 la plate-forme interreligieuse et interphilosophique "Hoopvol Brussel - Bruxelles Espérance". Européen convaincu, il présida deux ans durant le Comité des Régions, l'organe qui fait valoir les points de vue locaux et régionaux sur la législation européenne. Il ne fut pas réélu en 2009, mettant ainsi un terme à une carrière parlementaire de 40 années. Le roi Albert II l'a nommé cette année-là ministre d'État.

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