Joel De Ceulaer
Opinion

24/03/15 à 12:23 - Mise à jour à 12:23

"De Wever n'a pas ouvert le débat sur le racisme et la discrimination, il l'a fermé"

Notre confrère de Knack, Joël De Ceulaer, s'étonne que Wouter Van Bellingen, directeur du Forum flamand des Minorités, et Jozef De Witte, directeur du Centre pour l'égalité des chances, soient aussi enthousiastes des déclarations de Bart De Wever sur la discrimination.

"De Wever n'a pas ouvert le débat sur le racisme et la discrimination, il l'a fermé"

Bart De Wever © BELGA

Ce lundi a été une journée pour le moins douloureuse pour Jozef De Witte et Wouter Van Bellingen. Ils se sont, en effet, montrés très enthousiastes par les mots "racisme" et "discrimination" prononcés par le bourgmestre d'Anvers, Bart De Wever (N-VA). De Witte se réjouissait déjà des mesures proposées par le ministre flamand de l'Emploi Philippe Muyters (également N-VA) pour mettre fin à la discrimination au travail. Quant à Van Bellingen, il a immédiatement fait part de son contentement que De Wever admette que le racisme et la discrimination soient à l'origine de dislocation de la société.

Malheureusement, ils n'ont pas bien écouté.

Lors de la présentation du livre #radicalisme #extremisme #terrorisme, du chercheur Bilal Benyaich, De Wever a en effet déclaré que le "racisme" et la "discrimination" découlent de l'échec de la politique d'immigration et d'intégration. Ce point de vue est clair, cohérent et communiqué de la même façon par tous les membres du parti - du ministre au collaborateur. Aucun parti n'huile sa communication aussi bien et aussi professionnellement que la N-VA. Les fiches de débat du parti mentionnent ce qui suit sur le racisme et la discrimination :

"Le Flamand n'est pas du tout raciste. Nous refusons de le croire".

"Évidemment que la discrimination existe. C'est très grave et répréhensible".

"Avec l'ouverture des frontières, nous avons jeté notre nationalité".

"Nous avons régularisé des étrangers en masse".

"Nous n'avons pas intégré ces personnes, nous ne les avons pas obligées à parler notre langue, nous ne les avons pas intégrées dans notre culture de valeurs et de normes".

"Il n'est pas étonnant que certains Flamands soient devenus racistes. Il n'est pas étonnant qu'on discrimine parfois sur le marché du travail".

"Mais si nous nous prenons aux causes, le problème disparaîtra également".

Tous les membres de la N-VA raconteront exactement la même histoire telle qu'ils l'ont apprise. Par conséquent, aucun membre de la N-VA n'approuvera une approche répressive du racisme et de la discrimination. Des sanctions pour les employeurs ? Des quotas ? Des tests de pratique? Rien de tout cela. Cela ne sert à rien. Ce ne sont que des symptômes d'un problème plus profond.

Si quelqu'un à gauche se fait encore des illusions, il est temps de s'en défaire : De Wever n'a pas ouvert le débat sur la discrimination et le racisme, il l'a fermé.

Et que Jozef De Witte et Wouter Van Bellingen aient commis un impair aussi grave dans leur interprétation et leur réaction aux déclarations du politique flamand le plus important du moment, est pour moi une bonne raison de demander leur licenciement. Ou y a-t-il encore des gens pour les prendre au sérieux ?

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